Les enjeux climatiques gagnent du terrain pour l’agriculture française et le Haut Conseil pour le climat (HCC) appelle à une réponse plus structurée que celle reposant sur la simple gestion des crises. Dans un contexte où les aléas climatiques se multiplient, le HCC rappelle que l’action publique doit s’orienter vers un plan d’adaptation au changement climatique qui soit très important. « Aujourd’hui, le budget du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation est consacré très largement à la gestion des crises », qui sont liées au changement climatique « pour une grande part », a déclaré Jean-François Soussana, devant la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale. Il a prôné « des mesures beaucoup plus structurelles » pour permettre aux agriculteurs « de sortir de cette situation où on est toujours d’une urgence à l’autre et où finalement on joue au pompier, mais on n’a pas la capacité d’anticiper et de s’adapter de manière structurelle ». « Il faudrait vraiment avoir un plan d’adaptation au changement climatique qui soit très important » pour répondre à un besoin « énorme », a-t-il jugé. Le HCC, indépendant et installé en 2018 par le président Emmanuel Macron, est chargé d’évaluer l’action climatique du gouvernement et d’émettre des recommandations.

Plan d’adaptation au changement climatique pour l’agriculture
Selon les informations communiquées par le HCC, l’option prioritaire est d’obtenir un plan d’adaptation au changement climatique qui soit « très important », capable d’orienter les investissements publics et privés sur le moyen et le long terme. L’objectif est de sortir d’une logique de réaction permanente et d’établir des cadres permettant de mieux anticiper les aléas climatiques et d’améliorer la résilience des exploitations. Le texte insiste sur la nécessité d’une approche structurelle, incluant des mécanismes d’évaluation des risques, des ajustements de la gestion de l’eau et des soutiens à l’innovation agricole. Le soutien public à l’irrigation, à la gestion des ressources en eau et à l’adaptation des pratiques culturales figure parmi les axes mentionnés par les auteurs de l’analyse.
Le cadre du plan d’adaptation doit s’accompagner de mécanismes de suivi et de révision, afin de garantir que les objectifs restent en phase avec les évolutions climatiques et les tensions hydriques croissantes. Le HCC rappelle que ses travaux se font à la lumière des enjeux de l’eau et de l’érosion des sols, et que les conseils s’appliquent non seulement à l’échelle nationale mais aussi régionale, où les besoins en irrigation varient fortement selon les zones et les cultures. Les responsables publics, les organisations professionnelles et les partenaires locaux sont invités à coopérer pour mettre en place des cadres opérationnels, des mécanismes de financement et des outils de planification adaptés aux territoires.
Conséquences pour l’eau, l’irrigation et les pratiques publiques
Le texte met en évidence une « tension croissante entre la quantité d’eau qui est réellement utilisable », en recul avec le réchauffement, et des « besoins (qui) vont s’accentuer, y compris pour l’irrigation ». Cette réalité appelle à une refonte des priorités publiques et à des modalités de soutien qui permettent de garantir l’accès à l’eau pour les cultures les plus dépendantes de l’irrigation, tout en préservant les ressources pour l’ensemble des acteurs agricoles. Le HCC souligne que les enjeux hydriques ne peuvent être résolus par des mesures ponctuelles et demandent une vision intégrée, associant gestion de l’eau, prévision des sécheresses et adaptation des pratiques culturales. Les responsables publics, les organisations professionnelles et les partenaires locaux sont invités à coopérer pour mettre en place des cadres opérationnels, des mécanismes de financement et des outils de planification adaptés aux territoires.