Marine Le Pen s’exprimait à la veille de l’ouverture du procès en appel relatif à l’affaire des assistants parlementaires du Front national, affirmant que la justice s’ouvrirait sous une juridiction nouvelle et avec de nouveaux magistrats. Selon elle, l’affaire serait « remise à zéro », et elle espérait convaincre les magistrats de son innocence lors de ce nouveau chapitre.
Elle a ajouté qu’elle souhaitait dire la vérité et être présente le plus souvent possible devant la cour d’appel, même si cela impliquait de limiter sa participation à l’Assemblée nationale.
La candidate à l’élection présidentielle pour l’extrême droite a également précisé que sa présence ou son absence à l’échéance de 2027 dépendrait de la décision que rendra la cour d’appel.
Le procès, qui doit durer jusqu’au 12 février, est attendu jusqu’à l’été pour l’arrêt de la cour d’appel de Paris. En cas d’une nouvelle condamnation en appel, un recours devant la Cour de cassation serait envisageable.
Selon le tribunal correctionnel, Marine Le Pen aurait été au cœur du système de détournements de fonds publics visant à rémunérer des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen, à hauteur de 4 millions d’euros entre 2004 et 2016. Elle a été condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement, dont deux fermes aménageables sous bracelet, à une amende de 100 000 euros et à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat. Le tribunal a justifié l’inéligibilité immédiate par le risque de récidive et par l’absence de reconnaissance des faits et de conscience de l’exigence de probité attachée à la fonction d’élu, ainsi que des responsabilités qui en découlent.
Ce dossier demeure au cœur des investigations sur le financement des activités du parti, et la justice parisienne poursuit l’audition des éléments en cause jusqu’à l’été.