Une employée de crèche, condamnée à 25 ans de prison pour avoir tué un bébé à Lyon en 2022 en lui faisant boire du déboucheur de type Destop pour « la faire arrêter de pleurer », sera rejugée en appel à Bourg-en-Bresse à partir de mercredi 28 janvier 2026.
Le ministère public, qui avait requis 30 ans en première instance, a fait appel conformément au souhait des jeunes parents, après que les jurés de la cour d’assises du Rhône aient écarté la qualification de meurtre pour ne retenir que la torture et l’acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Un drame qui avait suscité une forte émotion nationale. Myriam Jaouen, titulaire d’un CAP petite enfance et décrite à l’époque comme présentant une immaturité attestée par les psychiatres, était seule ce jour-là à accueillir les pensionnaires de la micro-crèche Danton Rêve du groupe People & Baby.
Elle avait finalement reconnu avoir fait boire au bébé une partie d’une bouteille de ce produit éminemment corrosif « pour qu’elle s’arrête de pleurer ». Mais ses aveux n’étaient intervenus qu’après une série de mensonges, notamment sur l’ingestion de gouache par accident ou la présence de seaux de désinfectant vers lesquels Lisa aurait rampé.
« Pété un câble »? Elle avait reconnu « avoir pété un câble du fait du surplus de travail » notamment, mais n’a jamais cessé d’affirmer ne pas avoir eu conscience de la dangerosité de la soude caustique, ayant cru que cela « n’allait pas faire grand-chose » et que ce serait évacué par les selles, selon l’instruction du procès.
Les experts psychiatres n’ont trouvé aucune pathologie mentale et ont plutôt évoqué une capacité intellectuelle « dans la limite faible de la normalité » et une « immaturité affective » évidente, selon les éléments présentés par les avocats. Julia Coppard, l’autre avocate de Myriam Jaouen, a aussi évoqué un « moment de bascule » pour une jeune employée dépassée par un métier pour lequel elle n’avait pas les compétences.

À Bourg-en-Bresse, rejugement en appel prévu le 28 janvier 2026
Le procès d’appel est programmé à Bourg-en-Bresse à partir du mercredi 28 janvier 2026, après que le parquet a fait appel de la décision de première instance et que les jurés de la cour d’assises du Rhône ont écarté le meurtre au profit de la torture et de l’acte de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Les avocats de la défense soulignent l’absence de pathologie mentale et insistent sur l’immaturité, évoquant un moment de bascule pour une jeune employée dépassée par un métier pour lequel elle n’avait pas les compétences. Maylis Leduc, avocate de Myriam Jaouen, a déclaré que la responsabilité du système des crèches privées dans ce drame était susceptible d’être réexaminée, mais sans apporter d’explications qui répondraient à la question « pourquoi ? ».
Selon l’avocat général, « Qui peut mettre un produit de déboucheur dans la bouche d’un enfant et nous affirmer qu’elle n’a pas voulu le tuer ? », et selon les avocats, l’affaire illustre des tensions autour du travail en crèche et des conditions de personnel.
Des questions plus larges sur les conditions de travail et la sécurité des jeunes enfants ont été soulevées lors du premier procès, avec des enquêtes administratives et parlementaires sur les difficultés de recrutement et la course au rendement dans le secteur des crèches privées.
Myriam Jaouen, recrutée trois mois avant le drame, était seule pour accueillir les petits ce matin-là, selon les documents de l’époque. La controverse a été évoquée à peine pendant le procès, les parents souhaitant ramener les débats sur le cas du « monstre » qui a tué leur fille et non sur les responsabilités plus générales du système.
La défense a évoqué un « moment de bascule » et la directrice de la crèche a admis une « erreur de recrutement » pour une employée considérée comme manquant d’expérience et de patience, « mal à l’aise avec un bébé dans les bras ».