L’Iran a affirmé qu’un projectile avait atteint, vendredi soir, les abords de la centrale nucléaire de Bushehr, sans causer de dégâts. Cette nouvelle frappe survient au 28e jour du conflit opposant les États-Unis et Israël à la République islamique, alors que Téhéran multiplie les mises en garde contre un accident nucléaire majeur.
Dans un communiqué, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a averti que toute atteinte à Bushehr pourrait provoquer un incident grave pour l’ensemble de la région. La centrale, en service, abrite d’importantes quantités de matières radioactives, ce qui renforce les inquiétudes autour de la sécurité du site.
L’Agence internationale de l’énergie atomique a, de son côté, indiqué avoir été informée par l’Iran d’une nouvelle frappe survenue dans le périmètre de Bushehr. Selon l’AIEA, il s’agit de la troisième attaque signalée dans cette zone en dix jours.
Cette évolution s’inscrit dans une série de frappes visant des infrastructures nucléaires et industrielles sensibles en Iran. Vendredi, un site lié à l’eau lourde dans le complexe d’Arak, connu sous le nom de Khondab dans le cadre de l’accord nucléaire, a également été touché.
L’AIEA a précisé que l’Iran l’avait avertie d’une attaque contre cette installation, tout en affirmant qu’aucun danger radiologique n’avait été détecté. Le site avait déjà été visé lors de la guerre de douze jours en juin 2025 entre Israël et l’Iran, au cours de laquelle les États-Unis avaient eux aussi mené des frappes aériennes.
Parallèlement, l’agence onusienne a signalé qu’un complexe sidérurgique utilisant des matières radioactives avait également été ciblé vendredi, là encore sans fuite radioactive selon ses premières évaluations. Une autre installation, à Ardakan, qui produit des concentrés d’uranium, a aussi été visée, d’après l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.
L’armée israélienne a confirmé avoir frappé deux sites liés au nucléaire dans le centre de l’Iran : le réacteur à eau lourde d’Arak et une usine de traitement de l’uranium dans la province de Yazd. Dans son communiqué, elle a affirmé qu’elle ne laisserait pas le régime iranien poursuivre ses efforts visant à développer un programme d’armes nucléaires.
En réaction, les Gardiens de la Révolution ont appelé les employés présents dans des sites industriels liés aux États-Unis dans la région à les quitter, tout en exhortant les civils du Moyen-Orient à s’éloigner des zones où sont déployées les forces américaines. Téhéran a également durci le ton face à ces attaques répétées.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé les frappes américaines et israéliennes contre les installations nucléaires, estimant qu’elles contredisaient la prolongation du délai accordé à la diplomatie par Washington. Il a en outre promis qu’Israël paierait un prix élevé pour ce qu’il a qualifié de crimes.
Entre le 21 et le 26 mars, Donald Trump a annoncé trois échéances diplomatiques successives à l’Iran afin de parvenir à un accord avant des frappes contre ses installations énergétiques. La première n’a pas dépassé deux jours, la deuxième a duré cinq jours, puis une troisième fenêtre de dix jours a été présentée par le président américain.
Israël et les États-Unis accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, tandis que Téhéran répète que son programme est strictement civil. Depuis le 28 février, la République islamique est la cible de bombardements aériens continus menés par Washington et Tel-Aviv, auxquels elle répond par des tirs de missiles et de drones contre Israël et plusieurs pays de la région.