Kata’ib Hezbollah, groupe armé souvent désigné comme le Hezbollah irakien, a annoncé lundi la prolongation de cinq jours de sa décision de suspendre les attaques visant l’ambassade des États-Unis à Bagdad. Cette annonce intervient après une série de frappes nocturnes qui ont touché des sites rattachés aux formations du Hachd al‑Chaabi dans la région de Jurf al‑Sakhar (Jurf al‑Nasr).
Prolongation de la suspension
Le mouvement a précisé que le délai accordé à la représentation diplomatique américaine dans la capitale irakienne serait étendu de cinq jours supplémentaires. Selon le communiqué du groupe, toute violation de cet arrangement sera traitée conformément aux modalités qu’il a définies.
Les autorités locales ont fait état de trois frappes distinctes dans la soirée de dimanche contre des positions du Hachd al‑Chaabi, sans faire état de victimes, précisant que plusieurs sites visés étaient vides au moment des attaques.
Parallèlement, un centre de soutien diplomatique américain situé dans l’enceinte de l’aéroport international de Bagdad a également été la cible d’une attaque, selon des informations émanant de sources de sécurité.
Exigences posées par la « résistance »
Kata’ib Hezbollah rappelle que la suspension initiale, annoncée la semaine précédente, était conditionnée par plusieurs exigences. Parmi elles figurent l’arrêt des opérations qu’il qualifie de responsables du déplacement et des frappes dans la banlieue sud de Beyrouth, la préservation des zones civiles à Bagdad et dans les provinces, ainsi que le retrait des personnels de certaines agences de renseignement des emplacements à l’intérieur de l’ambassade.
Le groupe a aussi affirmé que toute future formation gouvernementale en Irak porterait la « signature de la résistance islamique », insistant sur le fait qu’il n’acceptera pas la présence de soldats étrangers sur le sol irakien ni la conservation d’armes létales ou de systèmes de défense aérienne par des forces étrangères.
Un responsable sécuritaire du groupe a mis en garde contre toute « infraction » et a critiqué des éléments des services de renseignement irakiens qu’il accuse de liens avec des puissances étrangères, estimant que ces relais internes auraient facilité certaines attaques contre le Hachd.
Un contexte régional tendu
Les événements en Irak s’inscrivent dans un contexte régional marqué par une escalade militaire depuis la fin février. Des frappes menées contre l’Iran ont, selon divers bilans, entraîné la mort de hauts responsables au sein de plusieurs structures militaires et politiques.
En réaction, Téhéran a multiplié les frappes par missiles et par drones visant des positions en Israël et ce qu’elle désigne comme des intérêts américains dans plusieurs pays arabes, y compris en Irak. Certaines de ces opérations ont causé des victimes et des dégâts matériels, suscitant la condamnation de plusieurs États concernés.
Dans ce climat, les factions armées irakiennes liées à l’axe pro‑iranien continuent de faire peser une pression militaire et politique sur Bagdad, réclamant des garanties sur la souveraineté et la sortie des forces étrangères, tandis que les incidents ponctuels contre des sites diplomatiques et des positions paramilitaires restent une source de fragilité pour la sécurité intérieure.