Joe Kent, récemment démissionnaire de la direction du Centre national américain de lutte contre le terrorisme, a accusé le lobby pro-israélien à Washington d’avoir poussé les États-Unis vers un affrontement avec l’Iran. Dans une interview accordée au journaliste américain Tucker Carlson, il a affirmé que Téhéran n’était pas proche de disposer d’une arme nucléaire et que la menace avait été amplifiée pour justifier une montée en puissance militaire.
Pas de programme nucléaire imminent
Selon Joe Kent, les renseignements ne montraient pas que l’Iran était sur le point de fabriquer une bombe nucléaire avant le déclenchement du conflit, ni avant des frappes américaines visant ses installations l’été dernier.
Il a rappelé l’existence d’une fatwa religieuse de 2004 interdisant le développement d’armes nucléaires et assuré qu’il n’existait pas d’indicateurs fiables d’un non-respect de cette position par Téhéran.
Accusations contre le lobby israélien
Dans son intervention, Kent a insisté sur le rôle décisif, selon lui, du lobby israélien dans la décision d’entrer en confrontation avec l’Iran. Il a précisé que cette dynamique avait été conduite en connaissance de cause, en anticipant une riposte iranienne et une escalade régionale.
Il a ajouté que certaines décisions avaient été prises en supposant que les États-Unis seraient contraints d’intervenir militairement pour protéger leur allié, et a mis en garde contre un engagement de troupes américaines dans une guerre qui ne servirait pas, selon lui, l’intérêt du peuple américain.
Démission, réactions et portée
Joe Kent a annoncé sa démission via la plateforme X, expliquant son opposition à la politique menée contre l’Iran. Sa décision, la plus élevée à ce jour liée à ce dossier, a surpris au sein de l’administration.
La Maison Blanche a minimisé l’importance de ce départ, et le président a déclaré qu’il considérait la démission comme positive après lecture de la lettre. Une porte-parole a qualifié l’affaire de « risible et humiliante », tandis que Kent a reçu le soutien de responsables opposés à l’intervention militaire.
Un profil et des enjeux
Ancien militaire ayant servi pendant vingt ans, Joe Kent avait été nommé à la tête du Centre national de lutte contre le terrorisme en février 2025. À ce poste sensible, il coordonnait les informations relatives aux menaces terroristes au niveau national et international avec les services de sécurité et de renseignement.
Sa sortie intervient alors que le conflit entre en troisième semaine, dans un contexte d’inquiétudes régionales et économiques : hausse des prix du pétrole, perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz et renforcement des critiques politiques aux États-Unis contre la poursuite des opérations militaires.
- Nom : Joe Kent
- Ancien poste : Directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme
- Argument principal : Le lobby israélien a influencé la décision d’affronter l’Iran
- Position sur le nucléaire iranien : Pas de preuve d’un programme imminent