Le Pentagone a élaboré des plans détaillés en vue d’un éventuel déploiement de troupes américaines en Iran, selon des sources proches du dossier. Ces préparatifs interviennent alors que les déclarations officielles se contredisent sur l’envoi de forces supplémentaires au Moyen-Orient. Pour l’heure, Washington affirme préparer des options sans avoir pris de décision finale.
Préparatifs militaires
Les états‑majors ont formulé des demandes précises visant à offrir au commandement national un maximum d’options, expliquent ces sources. Parmi les éléments envisagés figurent des éléments de la 82e division aéroportée, la Global Response Force de l’armée et une unité expéditionnaire des Marines.
Plusieurs milliers de marines sont déjà en mouvement vers la région : trois navires de guerre ont quitté la côte ouest des États‑Unis accompagnés d’environ 2 200 soldats d’une unité expéditionnaire, partie d’un port californien plus tôt dans la semaine. Il s’agit de la deuxième rotation envoyée depuis le début du conflit ; l’acheminement peut encore prendre plusieurs semaines.
Par ailleurs, l’armée a tenu des réunions de préparation portant notamment sur la manière de traiter d’éventuelles arrestations de soldats iraniens ou d’éléments paramilitaires, si le président décidait finalement de déployer des troupes au sol.
Tensions et divergences officielles
La Maison‑Blanche a cherché à limiter les attentes : sa porte‑parole a rappelé que le rôle du Pentagone est de préparer des options au bénéfice du commandant en chef, sans que cela signifie qu’une décision ait été prise. Le président a lui‑même démenti vouloir « mettre des troupes nulle part », ajoutant toutefois de manière laconique qu’il ne divulguerait pas ses intentions en cas contraire.
Pour autant, plusieurs responsables américains non identifiés ont indiqué qu’une planification plus ambitieuse était à l’étude, y compris des scénarios visant à contrôler ou à bloquer l’île de Kharg, dans le but de faire pression sur Téhéran pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Des modalités qui traduisent l’ampleur des options envisagées mais aussi les risques d’escalade.
Renforts britanniques et sécurité du détroit d’Ormuz
Dans le même temps, le Royaume‑Uni a annoncé l’envoi de planificateurs militaires supplémentaires auprès du commandement central américain pour contribuer à l’élaboration des options liées à la sécurité du détroit d’Ormuz. Londres souligne par ailleurs une présence aérienne dans la région la plus importante depuis quinze ans.
Les autorités britanniques précisent que des avions de combat, appuyés par des ravitailleurs, effectuent des missions de patrouille au‑dessus de plusieurs pays du Golfe, tandis qu’environ 500 militaires supplémentaires soutiennent les dispositifs de défense aérienne depuis des bases régionales.
Options et incertitudes
Malgré l’ampleur des préparatifs, la situation reste marquée par l’incertitude. Les autorités américaines continuent d’équilibrer la nécessité de dissuasion et le risque d’une escalade régionale, alors que le transfert de troupes et de moyens se poursuit et que les délais d’arrivée restent variables.
En conséquence, le débat politique et militaire sur un éventuel déploiement de troupes américaines en Iran demeure ouvert, avec des options prêtes à l’emploi mais sans ordre clair d’engagement pour le moment.