Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, après une condamnation définitive, alimente un débat sur les limites entre liberté d’expression et responsabilité médiatique en France. L’affaire fait réagir journalistes, direction de chaînes et institutions judiciaries, alors que la cour de cassation a rendu l’affaire publique et qu’un dirigeant de Canal+ a exprimé sa position peu après le jugement.

Morandini: condamnation confirmée et maintien à l’antenne
Mercredi 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de l’animateur Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs et pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Au moment de la mise en examen, le groupe avait affirmé dans un communiqué qu’il licencierait l’animateur en cas de condamnation. Volte-face, il est pourtant maintenu dans les rangs.
«Je n’en dors pas depuis plusieurs jours», confie Sonia Mabrouk ce mardi 20 janvier à l’antenne de CNews. Et c’est en tant que «femme libre», comme elle le précise, que la journaliste s’est exprimée sur un sujet délicat. Le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, malgré sa condamnation.
La discussion a ensuite été menée autour des enjeux de la ligne éditoriale et des responsabilités des directions face à des affaires sensibles.
«Cette décision ne m’appartient pas», précise Sonia Mabrouk, interpellée ce matin par son invité, le député Jérôme Guedj, avant d’ajouter : «J’ai beaucoup de respect pour ma direction, ma hiérarchie, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle».
«Mais puisque vous m’interpellez… CNews c’est ma chaîne de cœur et je vais vous le dire avec le cœur. Je suis une femme libre, une citoyenne, une mère de famille. Je suis mère d’une petite fille et je vais devenir mère d’un petit garçon dans quelques mois. Je suis personnellement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Je pense ce matin aux victimes et aux victimes les plus jeunes. Je pense aux mineurs», répond-elle ensuite à son invité.
«Les seules valeurs, quelles que soient les convictions politiques qu’on nous prête, ce sont les valeurs de respect de chacun, de la dignité de chaque personne. Et je vous le dis droit dans les yeux, vraiment, la sanctuarisation de l’intégrité physique et morale de chacun, ce n’est pas négociable, ce n’est pas à géométrie variable. C’est ma seule boussole personnelle et professionnelle. J’ai la liberté de le dire parce que CNews c’est la chaîne de la liberté d’expression et c’est l’expression que je vous donne», conclut Sonia Mabrouk.
La suite de l’épisode met en lumière les dilemmes internes au groupe et les questions que pose ce type de maintien pour les audiences et les partenaires.
Réactions internes et cadre éditorial
«On assume complètement», a déclaré Gérald-Brice Viret, le directeur général de Canal+ France, au lendemain du jugement.
«On assume complètement», a déclaré Gérald-Brice Viret, le directeur général de Canal+ France, au lendemain du jugement.
Cette prise de position est présentée comme un indice du positionnement du groupe face à une affaire sensible et au maintien de Morandini dans les rangs.
Selon les informations publiques, Morandini serait maintenu dans les rangs du groupe malgré les condamnations, une décision qui a été relayée dans les communications internes et qui a été discutée par les invités et les journalistes de l’émission.
Réactions des victimes et cadre juridique
«Cette décision ne m’appartient pas», précise Mabrouk, interpellée ce matin par son invité, le député Jérôme Guedj, avant d’ajouter : «J’ai beaucoup de respect pour ma direction, ma hiérarchie, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle».
«Je pense ce matin aux victimes et aux victimes les plus jeunes. Je pense aux mineurs», a-t-elle ajouté lors de l’échange.
«Jugé par la justice française et qu’il reste la justice européenne. Je ne vais pas me substituer à la justice, il n’a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession sur CNews».
«Mais puisque vous m’interpellez… CNews c’est ma chaîne de cœur et je vais vous le dire avec le cœur. Je suis une femme libre, une citoyenne, une mère de famille. Je suis mère d’une petite fille et je vais devenir mère d’un petit garçon dans quelques mois. Je suis personnellement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Je pense ce matin aux victimes et aux victimes les plus jeunes. Je pense aux mineurs», répond-elle ensuite à son invité.
Au final, l’affaire met en lumière les tensions entre la justice, la ligne éditoriale et les attentes du public face à des personnalités médiatiques impliquées dans des affaires sensibles, et rappelle la nécessité de protéger les victimes et les mineurs dans les débats publics.