Le chef du Conseil souverain soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhan, a décidé lundi de supprimer les postes de vice-commandant de l’armée et d’assistants du commandant en chef. Cette mesure marque une nouvelle étape dans la réorganisation de la hiérarchie militaire au Soudan, en pleine guerre contre les Forces de soutien rapide.
Dans un communiqué, les forces المسلحة السودانية ont indiqué qu’al-Burhan avait abrogé la décision n°164 de 2023, qui avait conduit à la nomination d’un vice-commandant général et de plusieurs assistants. Le texte précise toutefois que les titulaires de ces fonctions restent membres du Conseil de commandement des forces armées.
Dans le même temps, le chef de l’État de facto a procédé à de nouvelles nominations au sein de l’appareil militaire. Le général Shams al-Din Kabbashi Ibrahim Chanto a été désigné assistant chargé de la reconstruction et de la planification stratégique, tandis que le général Mirghani Idriss Suleiman Idriss prendra en charge les industries militaires.
Autre nomination annoncée lundi : l’ingénieur et conseiller البحري Ibrahim Jaber Ibrahim Karima a été nommé assistant pour les relations internationales et la coopération militaire. Ces ajustements s’inscrivent dans une série de changements engagés depuis plusieurs jours au sommet de l’armée soudanaise.
Jeudi dernier, al-Burhan avait déjà relevé le chef d’état-major Mohammed Othman al-Hussein de ses fonctions avant de le placer à la retraite. Il avait alors choisi le général Yasser al-Atta pour lui succéder, avant d’annoncer la composition d’un nouvel état-major.
Selon cette nouvelle configuration, Abdel Khair Abdullah Nasser Dargam a été nommé vice-chef d’état-major, tandis que Mohamed Ali Ahmed Sabir a pris la tête du renseignement militaire. Le mouvement de remaniement confirme la volonté du commandement soudanais de resserrer les rangs dans un contexte sécuritaire toujours explosif.
Le 6 avril, un rappel politique et militaire
Dans un autre message publié lundi à l’occasion du 6 avril, date anniversaire de l’insurrection populaire de 1985 qui avait renversé l’ancien président Jaafar Nimeiry, al-Burhan a salué le rôle de l’armée comme « partenaire du parcours de l’État à travers les différentes étapes historiques ». Il a également évoqué les moments où l’institution militaire, selon lui, a répondu aux attentes du peuple en 1985, en 2019 et lors des événements d’avril 2023.
Le chef du Conseil souverain a affirmé que les forces armées soudanaises œuvraient à répondre aux demandes des citoyens en fonction de leurs besoins, réitérant l’engagement de l’institution militaire à soutenir la stabilité nationale. Cette prise de parole intervient alors que le pays traverse l’une des périodes les plus instables de son histoire récente.
Depuis avril 2023, l’armée soudanaise affronte les Forces de soutien rapide dans un conflit né d’un profond désaccord sur l’intégration de cette formation au sein de l’appareil militaire. La guerre a provoqué une crise humanitaire majeure, avec des dizaines de milliers de morts, une famine dans plusieurs zones et près de 13 millions de déplacés, selon les estimations disponibles.