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    Steinmeier dénonce la menace de guerre 80 ans après la fin du Second Conflit mondial

    Allemagne, Russie, États-Unis

    À l’occasion des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le président fédéral allemand Frank-Walter Steinmeier a prononcé un discours marquant devant le Bundestag. Son propos, à la fois solennel et critique, met en lumière les menaces actuelles pesant sur la paix mondiale, et interpelle directement les États-Unis et la Russie, jadis alliés dans la victoire contre le nazisme.

    Steinmeier lors de la commémoration du 8 mai 1945 au Bundestag

    Lors de cette commémoration dédiée aux 60 millions de victimes européennes du conflit mondial, Steinmeier rappelle que ce sont principalement les États-Unis et l’Union soviétique qui ont vaincu l’Allemagne nazie. Pourtant, 80 ans plus tard, ce sont ces mêmes puissances qui, selon lui, mettent en danger l’ordre international garantissant la paix. Cette affirmation audacieuse souligne une inquiétude profonde quant au climat géopolitique actuel.

    Un rappel historique et une mise en garde

    Dans son intervention, le président allemand ne minimise en aucun cas l’horreur de la Seconde Guerre mondiale ni la responsabilité allemande dans son déclenchement en 1939. Il souligne que l’Allemagne a mis du temps à reconnaître cette responsabilité et à tirer les leçons de son passé, marqué par l’autoritarisme et le racisme depuis l’époque impériale. Cette confrontation avec l’histoire a toutefois permis à l’Allemagne de se transformer en un pays démocratique, pluraliste et ouvert, vivant en paix avec ses voisins européens.

    Mais ces acquis sont aujourd’hui menacés. Steinmeier met en garde contre la remise en cause de la paix, de la liberté, de l’État de droit et de la prospérité, gagnés après la guerre, sous l’effet de trois forces majeures :

    • Le président russe Vladimir Poutine, qualifié d’impérialiste belliqueux.
    • L’ancien président américain Donald Trump, accusé de rejeter la coopération internationale.
    • Les mouvements populistes de droite qui gagnent en influence en Europe.

    Ces forces, selon lui, communiquent et s’influencent mutuellement, fragilisant ainsi l’ordre démocratique global.

    Les défis actuels et le rôle de l’Allemagne

    Steinmeier souligne l’incertitude quant à la capacité de la société américaine à contrer les tendances autoritaires à sa tête. Bien que les États-Unis disposent d’une longue tradition démocratique, cette force interne n’est pas garantie. En revanche, la Russie demeure une dictature depuis l’ère tsariste, avec peu d’intermèdes chaotiques où la démocratie signifiait surtout insécurité économique.

    Le président insiste sur le fait que l’Allemagne ne peut pas se positionner en libératrice extérieure, comme l’ont fait les Alliés envers elle après 1945. Cependant, alors même que la protection américaine semble s’éroder, un conflit avec la Russie n’est plus une simple hypothèse lointaine. Les descendants de l’Allemagne nazie doivent désormais veiller eux-mêmes à la protection de leur démocratie, une tâche difficile et lourde de conséquences.

    Des omissions notables dans un discours engagé

    Malgré la force de son allocution, Steinmeier laisse de côté certains aspects problématiques. Par exemple :

    • Le soutien constant de l’Allemagne à Israël, alors que le gouvernement de Benjamin Netanyahou est accusé de commettre des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.
    • Les relations avec la Turquie, membre de l’OTAN, où le président Recep Tayyip Erdoğan réprime les droits humains tout en étant perçu comme un rempart contre l’immigration.
    • Les accords économiques avec la Chine, dirigée par un régime également critiqué pour son autoritarisme.

    De plus, le président a été critiqué pour avoir ignoré, dans ses précédentes fonctions, les mises en garde concernant les ambitions réelles de Poutine.

    Un appel à la vigilance et à la mémoire

    Ce 80e anniversaire du souvenir de la guerre mondiale met en lumière des silences importants au Bundestag, nécessaires pour comprendre le rôle de l’Allemagne dans la promotion de la paix et de la démocratie mondiales. Cependant, Steinmeier avertit que le pays ne doit pas succomber à l’oubli historique ni au nationalisme, même face à la complexité des enjeux actuels.

    Il conclut sur une note forte : la liberté et la démocratie allemande ne sont pas garanties à jamais. Ce discours, l’un des plus marquants de son mandat, invite à la réflexion et au débat dans une Allemagne toujours consciente de son passé et de sa responsabilité actuelle.

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    source:https://www.n-tv.de/politik/politik_kommentare/Steinmeiers-Rede-ist-gewagt-aber-so-notwendig-wie-bitter-article25755106.html

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