Un mois après la capture de Nicolás Maduro par l’armée américaine, la vice-présidente Delcy Rodriguez assure désormais le pouvoir. Depuis, elle manœuvre habilement entre ouverture affichée et continuité du système en place. Maduro n’est plus dans le paysage, et ses partisans réclament son retour dans les rues de Caracas, mais les figures qui entouraient l’ancien pouvoir restent à la barre.
La dirigeante est perçue comme évoluant sur un double registre : dénoncer publiquement le coup de force, tout en appliquant scrupuleusement les mesures prévues par le plan initial. Sous pression de Washington, elle présente un visage réformiste tout en conservant les grands mécanismes du régime. Donald Trump a salué ses choix en la décrivant comme « formidable ». Cette manœuvre a aussi presque fait disparaître du tableau l’opposante et prix Nobel Maria Corina Machado.
Dans ce jeu d’équilibriste, Delcy Rodriguez a pris deux décisions majeures. Premièrement, elle a autorisé l’investissement privé dans l’exploitation des hydrocarbures, via une loi votée le 30 janvier, rompant avec le modèle chaviste de souveraineté et de nationalisation du pétrole. Deuxièmement, elle a annoncé une loi d’amnistie visant à libérer les prisonniers politiques : plus d’un millier de détenus, dont environ 300 ont été libérés. Elle promet aussi la fermeture de l’Hélicoïde et sa transformation en centre social et culturel.
Le gigantesque Hélicoïde, posé sur les hauteurs de Caracas, est un bâtiment en béton qui évoque un gâteau d’anniversaire par son architecture circulaire. Autrefois symbole de l’argent lié au pétrole, il a été délaissé et est devenu le siège des services de renseignement, un lieu de détention et d’exactions. Delcy Rodriguez s’est engagée à le fermer et à le transformer en espace social et culturel pour marquer une rupture avec le passé.
