La nouvelle roman de Jihad Rantissi : une réflexion sur l’exil
La roman « Bqaia Raghwa » est la première d’une trilogie écrite par l’écrivain et journaliste palestino-jordanien Jihad Rantissi. Cette trilogie comprend également un deuxième roman intitulé « Khabaia al-Ramad » et un troisième appelé « Shama Soudha Asfal Al-‘Unuq ».
Rantissi a développé cette expérience romanesque après une carrière diversifiée dans l’écriture journalistique, intellectuelle et politique, enrichie par son vécu au Koweït et en Jordanie, ainsi que par son observation constante de la vie politique et nationale palestinienne, jordanienne et arabe.

Contexte historique et vie des Palestiniens au Koweït
Le roman « Bqaia Raghwa » retrace, d’un point de vue historique, la première moitié des années 1990, période durant laquelle il se déroule. Il met l’accent sur la vie des Palestiniens au Koweït, qui s’y sont établis après la première vague d’exode en 1948 et dont le nombre a augmenté après la seconde vague en 1967, formant une communauté palestinienne avec ses propres structures sociales et politiques.
Ce contexte a évolué avec les changements économiques au Koweït, spécialement après la découverte du pétrole, offrant des opportunités de richesse et des développements politiques. La communauté palestinienne a pu exercer une certaine liberté politique, jusqu’à ce que l’invasion du Koweït en 1990 entraîne des bouleversements tragiques et le départ forcé de nombreux Palestiniens vers des régions inconnues.
Représentation des femmes et perspective féministe
La narration du roman se concentre principalement sur des personnages féminins, adoptant un point de vue féministe qui souligne les voix souvent marginalisées dans la société palestinienne. Les personnages principaux, comme « Ghada Al-Asmar », représentent la lutte des femmes face aux défis sociaux et politiques, tout en explorant leurs relations complexes et leurs déceptions amoureuses.
Le roman met en lumière les défis émotionnels et les luttes identitaires des femmes dans un contexte d’exil, tout en abordant des thèmes de perte et de résilience.
Style narratif et structure
Le style de narration de Rantissi utilise un narrateur omniscient qui plonge dans la psyché des personnages, mais le roman se distingue par sa structure fragmentée et non linéaire, ce qui reflète le chaos de l’expérience de l’exil. Ce choix stylistique peut rendre la lecture difficile pour certains, mais il sert à renforcer l’impact émotionnel et la profondeur des thèmes abordés.
Les rêves et les cauchemars des personnages, notamment de Ghada, symbolisent leurs peurs et leurs angoisses face à un avenir incertain, ajoutant une dimension psychologique à l’œuvre.
Liens avec le journalisme
Jihad Rantissi, fort de son expérience en journalisme, intègre des éléments de ce domaine dans son roman, notamment à travers le personnage principal qui mène une enquête sur la situation des Palestiniens après l’exil. Ce mélange de fiction et de réalité journalistique renforce la pertinence des thèmes traités.
Conclusion
La roman « Bqaia Raghwa » est non seulement une exploration des réalités de la vie palestinienne au Koweït, mais aussi une réflexion profonde sur l’exil, l’identité et le rôle des femmes dans la société. Avec une fin ouverte, le roman laisse entrevoir des possibilités d’exploration future des thèmes du retour et de la continuité de l’expérience palestinienne.