Sur les réseaux sociaux, les publications qui dénoncent l’utilisation des pesticides par l’industrie agroalimentaire sont nombreuses et inquiétantes. Les producteurs de fruits et légumes espagnols sont particulièrement montrés du doigt, mais faut-il pour autant se détourner de tous les produits originaires d’Espagne ? Cet article fait le point en s’appuyant sur les résultats d’enquêtes et en les confrontant à d’autres productions européennes, sans détourner le regard sur les enjeux de santé et de sécurité alimentaires.
Des produits espagnols plus contaminés par les pesticides
En novembre 2023, une vaste enquête publiée par Que Choisir portait sur plus de 4 000 échantillons de 18 espèces de fruits et légumes produits en France, en Europe et à l’étranger. La conclusion est claire : les productions espagnoles seraient, en moyenne, plus contaminées par les pesticides que celles d’autres pays. Cette comparaison met en lumière des tendances préoccupantes pour certains produits et appelle à une vigilance accrue des consommateurs.
Quels sont les fruits et légumes à privilégier ou à éviter selon ces résultats ? D’après l’étude, 66 % des artichauts espagnols contenaient des résidus de pesticides, contre 41 % pour les artichauts produits en France. Pour les courgettes, le chiffre grimpe à 83 % lorsque la production provient d’Espagne, contre 34 % des courgettes françaises. Quant aux aubergines espagnoles, 75 % d’entre elles présentaient des traces de pesticides, contre 52 % des aubergines cultivées en France.
L’exception des pêches et des cerises et le cas des agrumes
Cependant, tout n’est pas négatif pour l’Espagne. L’enquête indique qu’en 2019, 75 % des pêches et des cerises cultivées chez nos voisins espagnols étaient contaminées par des résidus potentiellement dangereux, tandis que la situation en France était à 100 %. L’Espagne n’est pas non plus le pire choix pour les agrumes (oranges, clémentines, citrons, etc.), car les fruits importés d’autres pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud, le Pérou ou Israël présentaient des niveaux de contamination encore plus élevés par les pesticides.
Prévenir les risques et choix de consommation
Pour se protéger contre les substances problématiques, la solution mise en avant reste simple mais imparfaite : privilégier les fruits et légumes étiquetés « bio » ou « agriculture biologique ». Cependant, ces produits restent nettement plus chers que les variétés conventionnelles, ce qui peut compliquer leur accessibilité au quotidien. Cette réalité pousse certains consommateurs à diversifier leurs origines et à rester informés des résultats d’enquêtes afin de faire des choix éclairés.