Les autorités espagnoles, plusieurs pays européens et l’Organisation mondiale de la santé préparent l’évacuation des passagers du MV Hondius, attendu près de Tenerife après une série de cas de hantavirus à bord. Selon Reuters et l’AP, huit personnes ont été signalées comme malades, dont six cas confirmés, et trois passagers sont morts depuis le début de l’épisode. Les autorités sanitaires insistent toutefois sur un point : le risque pour le grand public reste faible à ce stade.
Le navire doit mouiller au large de Tenerife dans la nuit de samedi à dimanche, avant un débarquement organisé par groupes de nationalité. Reuters rapporte que la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas envoient des avions pour rapatrier leurs ressortissants, tandis que l’Union européenne prévoit deux appareils supplémentaires pour d’autres citoyens européens. L’AP ajoute que les Etats-Unis et le Royaume-Uni préparent aussi leurs propres dispositifs pour leurs passagers.
Une évacuation sous contrôle à Tenerife
D’après Reuters, les passagers doivent être transférés à terre via le port industriel de Granadilla, loin des zones résidentielles, dans des véhicules sécurisés et sur un parcours entièrement isolé. Les débarquements ne doivent intervenir qu’une fois les vols de rapatriement prêts à décoller, afin d’éviter toute attente à terre.
L’OMS recommande en parallèle un suivi actif des passagers pendant 42 jours à partir de leur dernière exposition potentielle. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu sur place et a répété publiquement que la situation n’était « pas un nouveau Covid », tout en rappelant le caractère sérieux de l’infection.
Ce que l’on sait sur les cas recensés
Reuters fait état de huit personnes touchées au total, avec six infections confirmées et deux cas suspects. Trois décès ont été recensés : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. L’AP précise que plus de 140 passagers et membres d’équipage se trouvaient encore concernés par l’opération autour du navire, même si l’exploitant Oceanwide Expeditions affirmait jeudi ne plus avoir de personnes symptomatiques à bord.
Plusieurs zones d’ombre demeurent. L’AP souligne notamment que l’origine exacte de l’exposition n’est pas encore établie. Des enquêteurs travaillent sur la possibilité d’une contamination avant l’embarquement, tandis que les autorités sanitaires suivent aussi les passagers descendus à Sainte-Hélène avant la confirmation des premiers cas.
Pourquoi le hantavirus est surveillé de près
Le hantavirus est généralement lié aux rongeurs et à l’inhalation de particules contaminées. Les autorités sanitaires rappellent qu’il ne se transmet pas facilement entre humains dans la majorité des situations. Reuters comme l’AP notent cependant que la souche andine, évoquée dans ce dossier, peut faire l’objet de transmissions interhumaines rares, ce qui explique les précautions prises autour du MV Hondius.
Les symptômes initiaux peuvent ressembler à un syndrome grippal, ce qui complique parfois l’identification rapide des cas. C’est précisément pour cette raison que l’évacuation est traitée comme une opération de santé publique à haut niveau de vigilance, même si les autorités jugent le risque général limité.
Ce qui va se passer maintenant
Si le calendrier annoncé est respecté, les passagers quitteront le navire par vagues successives avant d’être dirigés vers des vols de retour vers leurs pays respectifs. Reuters indique que le MV Hondius doit ensuite poursuivre sa route vers les Pays-Bas pour y être entièrement désinfecté. Une partie de l’équipage seulement resterait à bord pour ce trajet.
Dans l’immédiat, l’enjeu est double : rapatrier les passagers sans incident et continuer à documenter précisément la chaîne d’exposition. Tant que l’origine exacte de l’épisode et l’ampleur réelle des contaminations ne sont pas totalement établies, les autorités devraient conserver une ligne de prudence maximale.
