La France est le deuxième pays européen – derrière l’Espagne – qui consomme le plus de benzodiazépines. Pour l’année 2024, plus de 9 millions de Français ont été traités par une benzodiazépine, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSM).
Si ces médicaments se révèlent efficaces, ils ne vont pas sans risques pour la santé. Ils sont souvent prescrits pour des durées trop longues et doivent constituer une aide temporaire pour atténuer les symptômes, et non un traitement de la cause. L’ANSM rappelle que la durée de traitement est « de quelques jours à trois semaines pour les hypnotiques, et ne doit pas dépasser 12 semaines pour les anxiolytiques ». Il existe un risque de dépendance pour les utilisateurs, et ces médicaments peuvent influencer la conduite, provoquer des troubles de la mémoire et augmenter le risque de chute. Pour renforcer leur bon usage, l’ANSM a engagé des ajustements avec les laboratoires concernés. Les boîtes contiendront désormais moins de comprimés, entre 5 et 7, soit un traitement d’une semaine pour certains produits, contre 14 pour d’autres.
Des conditionnements plus sûrs pour limiter les risques
Ce nouveau conditionnement vise à limiter le mésusage persistant des traitements à base de benzodiazépines et à favoriser une utilisation de courte durée. En pratique, les boîtes passeront de 14 comprimés à 5–7 selon le médicament, correspondant à une prise d’environ une semaine. Cette mesure s’applique notamment aux traitements utilisés pour l’insomnie et l’anxiété, afin de réduire l’exposition prolongée et le risque de dépendance.
Médicaments concernés
Les nouveaux conditionnements ciblent les molécules suivantes : zopiclone (Imovane et ses génériques), zolpidem (Stilnox et ses génériques) et nitrazepam (Mogadon).
« Ces médicaments font l’objet d’un mésusage persistant. Ils sont notamment souvent utilisés au-delà de la durée de traitement recommandée, qui va de quelques jours à 3 semaines », souligne l’Agence de santé. Ces nouveaux conditionnements sont donc mieux adaptés aux traitements de courte durée. « Diminuer le nombre de comprimés dans les boîtes, c’est réduire le risque d’utilisation prolongée et donc celui de dépendance », résume l’ANSM, qui rappelle aux médecins la nécessité de prescrire ces médicaments uniquement sur de courtes durées. Avant de conclure : « Nous invitons les pharmaciens à dispenser ces petits conditionnements dès lors que la durée de traitement le permet ».
Impact pour les patients et les professionnels
- Réduction du risque de dépendance par une exposition limitée à des traitements courts.
- Encouragement d’une prescription adaptée à la durée réellement nécessaire, avec une attention particulière du suivi médical.
- Incitation des pharmaciens à proposer les conditionnements plus petits lorsque la durée du traitement le permet.
Bon usage et alternatives
Pour assurer un usage sûr des médicaments d’insomnie, il est essentiel de privilégier les traitements de courte durée et d’explorer, lorsque possible, des alternatives non pharmacologiques. Les médecins et les patients peuvent envisager des approches telles que les techniques de relaxation, l’hygiène du sommeil et des thérapies cognitivo-comportementales. En cas de persistance des troubles du sommeil, un dialogue approfondi avec le médecin est recommandé pour évaluer les meilleures options et ajustements thérapeutiques.