Novak Djokovic, désormais connu sous le nom de Nole par les fervents supporters romains, était encore un jeune homme lorsque je l’ai rencontré chez Riccardo Piatti, qui, tout comme moi, résidait à l’époque à Como. Étant passionné de tennis et bénéficiant de la reconnaissance des Américains, j’avais eu l’occasion d’enseigner ce sport, et Riccardo avait été l’un de mes élèves. Bien que modeste dans ses ambitions sportives, il est devenu l’un des meilleurs entraîneurs au monde, illustrant le dicton « champion raté, entraîneur réussi ».
Une première rencontre significative
Ce jour-là, dans le charmant jardin de la Villa Piatti, se réunissait l’élite du tennis pour célébrer l’anniversaire de Rocco, le fils de l’entraîneur. Parmi les protégés de Riccardo, Ivan Ljubicic, originaire de Banja Luka et futur numéro 3 mondial, m’a présenté un jeune Serbe venant de Belgrade. Le garçon, bien éduqué et parlant un peu italien, a suscité mon intérêt. Ivan a plaisanté en disant qu’il pourrait devenir un jour citoyen de ma ville, à l’inverse de lui, qui manquait d’un document. Depuis ce jour, j’ai suivi le parcours du jeune Djokovic, même si mon ami coach avait choisi de ne pas le prendre sous son aile, attentive à sa « trop grande famille », comme il me l’a avoué un jour.
Le soutien familial et le succès sur le terrain
La famille Djokovic, composée de sa mère Dijana, de son père Srdjan, de son entraîneur Vajda, de son kinésithérapeute Amanovic et de son médecin-nutritionniste Cetajevic, s’est fait remarquer sur les gradins du Foro Italico, vêtue des couleurs nationales et soutenant Nole avec ferveur. Sur le terrain, Djokovic affichait le calme d’un joueur de tennis britannique d’autrefois.
Une ascension fulgurante et des réalisations marquantes
Le matin précédent l’événement, j’étais dans le hall du Rome Cavalieri avec mon ami Felix Terruzzi, où la joyeuse équipe, incluant le ministre des Affaires étrangères Jeremic, attendait de s’envoler vers un court séjour dans un club de luxe que les Djokovic ont ouvert à Belgrade, en plus de leurs trois restaurants. Cette modeste information permet de saisir l’aura qui entoure ce héros sportif, devenu le symbole d’un pays en quête de héros. Djokovic a mené la Serbie à la victoire en Coupe Davis l’an dernier contre la République tchèque.
Un parcours exceptionnel
Pour ceux qui ne connaissent pas encore son histoire, en 2005, à l’époque de Piatti, Nole atteint les demi-finales de l’Australian Junior et, à la fin de l’année, il entre dans le classement des 100 meilleurs joueurs, à seulement 18 ans et 5 mois. Pendant quatre ans, il était classé numéro 3 mondial, derrière les légendes Federer et Nadal, qu’il a battues à quatre reprises consécutives, en enchaînant 37 victoires sans défaite, dont deux en Coupe Davis.
Une technique impressionnante
Malgré un classement encore derrière l’inébranlable Rafa Nadal, Djokovic est en passe de devenir le favori du prochain Roland Garros. En tant qu’ancien enseignant de tennis, je souligne que son jeu repose sur une technique exceptionnelle et une remarquable capacité à gérer la fatigue. Grâce à l’agilité de ses jambes, Nole excelle à frapper des balles presque perdues, les transformant en trajectoires géométriquement parfaites.
Un joueur hors du commun
« Il me rappelle quelqu’un », a mentionné Gianni Rivera ce matin. Avec un coup droit à deux mains, comme cela est devenu obligatoire à l’époque de Federer, il maîtrise aussi les volées et les amorties dévastatrices, déroutant un tennis moderne trop focalisé sur la ligne de fond. Djokovic a gagné une confiance inébranlable grâce au soutien de toute une nation, bien qu’il ne soit pas devenu citoyen italien à l’époque où l’Italie ressemblait à l’Amérique. Peut-être un joueur de son calibre n’est-il pas destiné à notre terre.