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    Rachel Reeves et la politique de concurrence au Royaume-Uni

    Royaume-Uni

    Un autre jour, un autre déplacement à Downing Street pour les responsables de la régulation du pays, alors que le chancelier tente de « relancer » la croissance et de réduire la bureaucratie. Une nouveauté cette fois-ci est la suggestion que l’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) pourrait être chargée de limiter le nombre, ou du moins le type, d’accords qu’elle enquête. Des modifications pourraient être apportées aux tests de « part de marché » et « d’influence matérielle » qui déterminent si l’autorité doit intervenir.

    Implications pratiques des changements proposés

    Qu’est-ce que cela signifie en pratique ? S’agit-il simplement d’un ajustement qui élimine quelques zones d’ombre administratives dans la configuration actuelle ? Ou la définition de « compétition déloyale » est-elle en train d’être discrètement réécrite sous les yeux des consommateurs ? Il y a une grande différence entre ces deux visions. Malheureusement, personne ne semble désireux de clarifier la situation.

    Dans ses déclarations publiques, Sarah Cardell, la directrice générale de la CMA, a tendance à souligner les éléments non controversés de sa mission favorable au chancelier, comme la nécessité de prendre des décisions plus rapidement. Personne ne s’y oppose. Cependant, elle laisse entendre que la CMA pourrait s’éloigner des accords entre entreprises étrangères, comme la proposition Microsoft/Activision qui avait suscité beaucoup de controverse il y a quelques années. Cela est légèrement plus controversé mais reste peu révolutionnaire.

    Les préoccupations des consommateurs et des entreprises britanniques

    Les consommateurs britanniques – et les entreprises également – veulent savoir s’il y a eu un changement philosophique plus profond. Par exemple, existe-t-il des accords significatifs, réservés au Royaume-Uni, qui auraient été bloqués dans le passé mais qui pourraient maintenant être validés ? Prenons le cas d’un accord controversé du passé récent qui a été stoppé : la fusion proposée entre Sainsbury’s et Asda en 2019. Cet accord serait-il toujours considéré comme non viable en raison d’une augmentation des prix et d’une réduction de la qualité et du choix des produits, comme l’avait indiqué la CMA à l’époque ? Ou le régulateur serait-il maintenant légèrement plus enclin à envisager l’idée que la combinaison des deux supermarchés aurait la capacité de réduire les prix des aliments populaires de 10 % ?

    Les ambiguïtés de la nouvelle ambition politique

    Nous ne le saurons probablement jamais car la CMA ne peut pas se prononcer sur des scénarios hypothétiques et il n’y a aucune indication que le duo de supermarchés prévoit de relancer leur idée de fusion. Il est raisonnable de penser que l’accord serait toujours bloqué. Sous sa forme actuelle, Asda a récemment fait chuter de 10 % le prix des actions de Tesco en menaçant d’une guerre des prix, ce qui suggère que le marché boursier pense encore que cette entreprise, détenue par des fonds d’investissement, n’a pas été complètement affaiblie en tant que force concurrentielle par ses emprunts excessifs.

    Le fait est que la nouvelle ambition politique de transformer les régulateurs en véhicules « pro-croissance » est tout simplement déroutante. On peut comprendre le désir de déblayer les obstacles bureaucratiques qui peuvent prolonger les enquêtes de la CMA, mais le gouvernement suggère-t-il également que la politique de concurrence est actuellement mal orientée ? D’un côté, nous avons la CMA qui insiste sur le fait qu’elle continuera à adopter une approche « efficace et proportionnée » concernant les accords, ce qui donne à l’agenda une apparence conforme à l’idée traditionnelle selon laquelle une politique de concurrence solide est bénéfique pour la croissance. D’un autre côté, nous avons Rachel Reeves et ses métaphores de moto qui semblent imaginer que les régulateurs peuvent dynamiser l’économie en agissant différemment.

    Les attentes des entreprises face à cette incertitude

    Il y a trop de discours codés. Il serait préférable pour tout le monde – notamment pour les entreprises qui ont été promises une plus grande « prévisibilité » de la part de la CMA – que chacun énonce clairement ce qu’il entend par ses propos.

    Politique De Concurrence | Rachel Reeves | Royaume-uni | Cma | Régulation
    source:https://www.theguardian.com/business/nils-pratley-on-finance/2025/mar/17/rachel-reeves-is-causing-confusion-on-competition-policy-what-does-she-want

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