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    La Chine trahit l’Ukraine et soutient militairement la guerre de la Russie

    Chine, Ukraine, Russie

    La Chine affirme défendre un « multilatéralisme réel » et se présente comme médiatrice dans la guerre en Ukraine, mais son comportement sur le terrain trahit une proximité croissante avec Moscou. En pratique, Pékin adopte des positions et des actions qui favorisent la Russie, remettant en cause sa neutralité affichée et alimentant le doute sur sa capacité à jouer un rôle impartial. Le dossier soulève des interrogations sur le rôle stratégique de la Chine et son impact sur l’équilibre géopolitique en Europe et au-delà.

    Neutralité officielle et réalités contradictoires

    Officiellement, la Chine se présente comme neutre dans le conflit et propose de jouer les médiateurs. Xi Jinping a invité en décembre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelenskyy et le président des États-Unis à des pourparlers à Pékin.

    Cependant, plusieurs éléments montrent que la Chine n’est pas équidistante :

    • La déclaration d’alliance « sans limites » entre Xi et Poutine, prononcée avant l’invasion russe à grande échelle, rapproche Pékin du camp de l’agresseur.
    • Un document en 12 points publié par la Chine en février 2023 n’a pas condamné explicitement la guerre et a repris certains arguments de Moscou, notamment en appelant à des négociations sans exiger le retrait russe préalable.
    • Pékin a aidé à neutraliser des résolutions condamnant l’invasion au Conseil de sécurité de l’ONU.

    Engagements historiques et promesses rompues

    Il y a trois décennies, la Chine entretenait des engagements favorables à l’Ukraine. En 1994, Pékin a salué la décision de Kiev d’abandonner l’arme nucléaire et a proposé des garanties de sécurité nucléaire.

    En 2013, un traité d’amitié entre l’Ukraine et la Chine promettait de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque partie. Des experts estiment aujourd’hui que ces engagements sont restés pour l’essentiel rhétoriques et non contraignants.

    Scepticisme stratégique en Ukraine

    Depuis 2024, l’Ukraine a progressivement quitté la prudence pour afficher un scepticisme stratégique à l’égard de la Chine.

    Points saillants :

    • En juin 2024, Pékin n’a pas participé à une conférence de paix organisée par la Suisse et a été accusé d’avoir incité d’autres pays asiatiques à s’abstenir.
    • Le président Zelenskyy a publiquement reproché à la Russie d’exploiter « l’influence chinoise » pour perturber un sommet de paix.
    • Plusieurs analystes jugent la Chine désormais plus proche d’un « adversaire stratégique » que d’un médiateur neutre.

    Assistance matérielle et soutien économique à la Russie

    Pékin est passé d’un soutien politique discret à un appui matériel et économique de plus en plus net envers Moscou.

    Éléments factuels :

    • En 2024, l’Ukraine a sanctionné trois entreprises chinoises accusées d’avoir envoyé des obus d’artillerie et de la poudre à canon à la Russie.
    • La Commission européenne a inclus des sociétés chinoises dans un 17e train de sanctions pour fourniture de biens à double usage à l’effort de guerre russe.
    • Enquête Reuters (juillet) : des entreprises chinoises auraient expédié des moteurs étiquetés comme « unités de réfrigération industrielle » destinés à la production de drones russes.
    • En un mois, l’Ukraine a déclaré avoir abattu 6 173 drones lancés par la Russie.

    Immeuble endommagé après une attaque de missiles et de drones à Kyiv, 31 juillet 2025

    La Chine a également évité d’aligner sa politique énergétique sur celle de l’UE et des États-Unis en continuant d’importer massivement du gaz et du pétrole russes.

    Accords énergétiques et dépendance croissante

    Les derniers accords entre Moscou et Pékin renforcent la dépendance russe envers la Chine :

    • Signature d’un nouveau gazoduc qui pourrait acheminer jusqu’à 50 milliards de m³ par an, en plus des 38 milliards déjà fournis via une conduite existante.
    • Livraison de gaz naturel liquéfié du projet Arctic LNG 2 à la Chine en août.

    Selon des observateurs ukrainiens, ces accords offrent à la Chine un levier politique et économique considérable sur la Russie, avec des prix et des conditions favorables imposés à Moscou.

    Accusations d’espionnage et incidents récents

    Parallèlement aux flux commerciaux, des incidents ont exacerbé la méfiance ukrainienne :

    • Allégations selon lesquelles des satellites chinois auraient photographié des centrales nucléaires ukrainiennes, potentiellement en vue d’attaques russes.
    • Arrestation par les services ukrainiens de citoyens chinois en possession de documents classifiés décrivant le système de missiles Neptune.

    Une dette technologique et économique envers l’Ukraine

    Des spécialistes relèvent que la Chine a tiré parti de technologies et de biens ukrainiens au fil des ans.

    Cas marquants :

    • En 1998, l’achat et la transformation de la coque du porte-avions inachevé Varyag par la Chine ont contribué au développement de sa flotte de porte-avions modernes.
    • En 2016, la tentative d’acquisition de Motor Sich par Skyrizon Aviation a révélé l’intérêt chinois pour les moteurs aéronautiques ukrainiens, puis la nationalisation de Motor Sich par l’Ukraine et une plainte en justice de Skyrizon à hauteur de 4,5 milliards de dollars.

    Ces épisodes illustrent comment Pékin a profité des faiblesses post-soviétiques pour renforcer ses capacités militaires et industrielles.

    Intérêts commerciaux et réorientation des approvisionnements

    Avant la guerre, la Chine dépendait largement de produits agricoles et industriels ukrainiens :

    • Importateur majeur d’orge et de maïs ukrainiens, ainsi que d’huile de tournesol, de minerai de fer et de titane.
    • Aujourd’hui, ces flux proviennent majoritairement de Russie, et les importations chinoises depuis l’Ukraine ont fortement chuté.

    Selon la base Comtrade, les importations de la Chine depuis l’Ukraine s’élèvent désormais à environ 4 milliards de dollars, contre 130 milliards de dollars d’achats russes.

    (Données accessibles via https://tradingeconomics.com/china/imports-by-country)

    Calculs stratégiques et implications géopolitiques

    La position chinoise combine déclarations en faveur de l’intégrité territoriale et actions qui renforcent Moscou. Certains points importants :

    • Pékin n’a pas reconnu l’annexion des régions occupées par la Russie mais évite d’exercer une pression décisive sur Moscou.
    • La Chine propose d’accueillir des pourparlers et de contribuer éventuellement à une mission de maintien de la paix, sans toutefois s’engager financièrement comme donateur majeur.
    • Beaucoup d’analystes estiment que la stratégie chinoise vise à favoriser un ordre mondial multipolaire tolérant les sphères d’influence, affaiblissant ainsi l’ordre occidental fondé sur des règles.

    Pour l’Ukraine, la conséquence est claire : accélération du rapprochement avec l’OTAN, avec le G7 pour la reconstruction, et coopération accrue avec des démocraties indo‑pacifiques sur le plan technologique et militaire.

    Conclusions sur un soutien stratégique

    Au final, la politique de la Chine combine intérêts commerciaux, transferts technologiques passés et calculs géopolitiques pour consolider un partenaire stratégique en Russie.

    Cette posture alimente la perception que la Chine soutient, directement ou indirectement, l’effort de guerre russe, tout en préservant sa propre marge de manœuvre sur la scène internationale.

    source:https://www.aljazeera.com/news/2025/9/8/how-china-forgot-promises-and-debts-to-ukraine-and-backed-russias-war

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