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    Washington réagit à l’annonce officielle de l’Iran sur l’accord nucléaire

    Iran, États-Unis, Russie, Chine, Israël

    L’Iran a informé officiellement l’ONU et le Conseil de sécurité de la fin de l’accord nucléaire de 2015, déclarant que les restrictions imposées à son programme nucléaire sont désormais annulées. La lettre iranienne a reçu le soutien de la Russie et de la Chine, qui ont estimé illégale l’activation du mécanisme de déclenchement des sanctions par les trois pays européens (Allemagne, Royaume‑Uni, France).

    Bannière depuis Washington

    Contexte et réactions internationales

    La décision iranienne intervient après un infléchissement des efforts visant à relancer les pourparlers entre Téhéran et Washington, essais qui se sont heurtés à des exigences américaines perçues comme une reddition inconditionnelle par les Iraniens.

    En réponse, Moscou et Pékin ont soutenu l’Iran en contestant la légitimité de la procédure européenne relative aux sanctions. Cette position complique les démarches du Conseil de sécurité pour adopter de nouvelles mesures contraignantes fondées sur l’accord de 2015.

    La position de Washington

    Les Etats‑Unis, selon des responsables et anciens diplomates, ne se laisseront pas gouverner uniquement par les débats au Conseil de sécurité ou par les messages diplomatiques. Ils préparent des réponses qui combineront pression internationale et actions coordonnées sur le terrain.

    Donald Jensin, ancien diplomate américain à Moscou, a souligné que la Maison‑Blanche pourrait s’appuyer davantage sur ses alliés régionaux — notamment la Turquie et les pays du Golfe — qui ont accru leur influence après la trêve à Gaza.

    • Washington continuera à s’opposer au programme nucléaire iranien et à d’éventuelles versions renouvelées d’un accord perçu comme laxiste.
    • Les options américaines incluent la pression diplomatique, économique et la coordination régionale pour limiter les capacités nucléaires de Téhéran.
    • Les échanges au Conseil de sécurité ne reflètent pas forcément les mesures concrètes que les États‑Unis peuvent entreprendre sur le terrain.

    Déclarations et tensions verbales

    Le président américain Donald Trump avait déclaré à la Knesset qu’il souhaitait conclure un accord de paix après avoir « détruit » le programme nucléaire iranien, menaçant de frapper toute nouvelle installation nucléaire iranienne.

    Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a raillé ces propos, qualifiant la destruction des installations nucléaires iraniennes d’un rêve que Trump peut continuer à entretenir, et a rejeté le droit des États‑Unis à dicter aux nations ce qu’elles doivent faire.

    Analyse régionale et perspectives

    Selon Hassan Ahmadian, professeur d’études du Moyen‑Orient à l’université de Téhéran, l’Iran considère que l’accord de 2015 était déjà mort depuis un certain temps, et sa récente notification n’est qu’une formalisation de cette réalité.

    Ahmadian estime que l’Iran a tenté, sans succès complet, de négocier un nouvel accord avec les États‑Unis, et qu’elle n’a pas cherché à compter exclusivement sur la Russie ou la Chine pour sa défense. Le soutien de ces deux pays à la thèse de l’illégitimité de la procédure européenne signifie toutefois qu’ils maintiendront des liens économiques avec Téhéran malgré les sanctions.

    • La reconnaissance russe et chinoise de la fin de l’accord remet en cause la possibilité d’imposer de nouvelles sanctions via le Conseil de sécurité.
    • La Chine pourrait se désintéresser d’un embargo sur les armes qui pesait auparavant sur l’Iran.
    • Plusieurs États de la région refuseront d’accepter une hégémonie israélienne, même si certains suivraient Washington par crainte de représailles.

    Positions russes et chinoises : limites et calculs

    L’analyste russe Yevgeny Sidorov considère que Moscou et Pékin n’entreront probablement pas dans un conflit militaire pour défendre l’Iran. Il voit la lettre conjointe au Conseil de sécurité comme le début d’un « alliance tripartite provisoire » sur des dossiers internationaux, sans passage à l’action militaire.

    Sidorov ajoute que la Russie ajuste ses positions en fonction de ses intérêts en Ukraine et des négociations possibles avec Washington. Ainsi, Moscou chercherait à éviter d’empirer ses relations avec les États‑Unis, même si des frappes contre l’Iran devaient se répéter.

    • La Russie pourrait viser un accord nucléaire nouveau si les conditions géopolitiques le permettent.
    • La Chine suivrait probablement une ligne consistante avec celle de Moscou, privilégiant la diplomatie et l’intérêt économique.

    Conséquences probables

    La rupture officielle de l’accord de 2015 par l’Iran complexifie la scène diplomatique et fragilise la capacité du Conseil de sécurité à agir de manière unifiée.

    Toutefois, les observateurs estiment que la réponse américaine ne se limitera pas aux débats internationaux : Washington cherchera à circonscrire le programme nucléaire iranien en s’appuyant sur des partenaires régionaux et une stratégie multifronts.

    • L’avenir de l’accord nucléaire Iran apparaît incertain, avec des risques accrus de tensions régionales.
    • La coopération économique entre Téhéran, Moscou et Pékin devrait réduire l’impact de certaines sanctions.
    • Les contours géopolitiques du Moyen‑Orient devraient se redessiner selon l’équilibre entre influence américaine, ambitions régionales et positions de la Russie et de la Chine.
    source:https://www.aljazeera.net/video/fromwashington/2025/10/23/%d9%85%d8%a7-%d8%a7%d9%84%d8%b0%d9%8a-%d8%b3%d8%aa%d9%81%d8%b9%d9%84%d9%87-%d9%88%d8%a7%d8%b4%d9%86%d8%b7%d9%86-%d8%a8%d8%b9%d8%af-%d8%a5%d8%b9%d9%84%d8%a7%d9%86-%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86

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