Le Parquet national financier a annoncé mardi 16 décembre qu’il demandait le renvoi devant le tribunal correctionnel de 11 personnes, dont Nicolas Sarkozy, Carla Bruni-Sarkozy et Mimi Marchand, dans l’affaire relative à une rétractation potentiellement monnayée de l’intermédiaire Ziad Takieddine. La décision quant au renvoi revient au juge d’instruction chargé du dossier et sera déterminante pour la suite de l’enquête.

Charges et renvoi envisagés
Le PNF réclame le renvoi de Sarkozy pour « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée » et « recel de subornation de témoin ». Carla Bruni-Sarkozy est visée uniquement par la seconde qualification, tandis que Mimi Marchand est poursuivie pour les deux infractions.
Les mis en examen encourent une peine maximale de dix ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. L’avocat de Nicolas Sarkozy a déclaré à l’AFP n’avoir aucun commentaire à ce stade.
Contexte du dossier
Cette procédure est liée à l’affaire principale sur le financement libyen de la campagne de 2007. Sarkozy a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans ce dossier et a interjeté appel; l’audience de jugement en appel doit avoir lieu à partir du 16 mars 2026.
Dans l’affaire de la rétractation, les mis en examen sont soupçonnés d’avoir voulu tromper la justice en usant de moyens frauduleux pour innocenter Sarkozy. Takieddine avait évoqué publiquement, en mai 2012, que le financement libyen était la vérité et que Sarkozy avait répliqué en le qualifiant de grand manipulateur.
En 2016, dans un entretien à Mediapart, Takieddine affirme avoir convoyé environ 5 millions d’euros dans des valises entre Tripoli et Paris, remis en deux fois à Claude Guéant et à Sarkozy, démentis par Guéant et Sarkozy. En 2020, dans des interventions à BFMTV et Paris Match, Takieddine s’est rétracté sur le financement libyen, puis a réincriminé Sarkozy quelques mois après.
Selon le PNF, ces manœuvres visaient à influencer la justice afin d’obtenir, en fin d’année 2020, une volte-face du témoin clé à charge.
La couverture médiatique rappelle que Takieddine avait accusé Sarkozy et ses alliés à l’époque, et que le dossier reste au cœur d’un rehaussement des débats sur l’influence politique et les procédures judiciaires.