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    Quel avenir après l’échéance de l’accord Damas–QSD ?

    Syrie, Turquie, États-Unis

    L’accord signé le 10 mars entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) arrive à échéance à la fin du mois, et les récents affrontements à Alep ravivent les doutes sur sa mise en œuvre. Les combats qui ont éclaté lundi dans la ville ont fait quatre morts et neuf blessés, selon la direction de la santé d’Alep, avant que le calme ne revienne et qu’un cessez-le-feu soit annoncé.

    Un incident au timing délicat

    Les affrontements sont survenus à un moment particulièrement sensible, quelques jours avant la fin du délai prévu pour l’intégration des FDS dans les institutions syriennes. Ils coïncident également avec la visite à Damas d’une délégation turque de haut niveau composée des ministres des Affaires étrangères et de la Défense et du chef des services de renseignement.

    Bien que les parties s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités, des analystes estiment que la situation a été maîtrisée in extremis, mais que l’épisode laisse planer une forte incertitude sur la capacité des acteurs à respecter l’accord dans les délais.

    Analyses et interprétations divergentes

    Le chercheur et politologue Mouayad Ghazlan Qablawi juge injustifiable toute confrontation dans une zone densément peuplée comme Alep. Selon lui, les FDS auraient voulu envoyer un message à Damas et à la Turquie en montrant qu’elles conservent la capacité d’enflammer des zones civiles.

    Qablawi ajoute que Damas évite une escalade militaire, compte tenu des tractations en cours sous médiation américaine et turque et de la vigilance de la communauté internationale. Il estime par ailleurs que les FDS n’ont pas respecté certaines étapes prévues par l’accord ni le cessez-le-feu, et qu’elles persistent à refuser la dissolution de leurs structures politiques et administratives.

    Selon lui, les FDS cherchent à conserver leur emprise sur le nord-est syrien et à préserver une part des ressources, en donnant à Damas des gages symboliques tout en gardant le contrôle effectif des leviers locaux.

    Positions officielles et rôle des médiations

    Lors d’une conférence de presse tenue pendant la visite de la délégation turque, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a souligné que l’intégration des FDS devait se faire par le dialogue, position reprise par son homologue syrien Asaad al-Sheibani. Les FDS, pour leur part, n’auraient pas apporté de réponse diplomatique claire à ces déclarations.

    Le commandant des FDS, Mazloum Abdi, a lui-même indiqué que ses forces ne souhaitent pas être intégrées telles quelles à l’armée syrienne, mais qu’elles entendent participer à la construction d’une armée sous l’égide du ministère de la Défense syrien.

    Les appellations à revoir, selon certains observateurs

    Le journaliste Akhtin Assad estime qu’il n’y a pas d’obstacle majeur à la création d’une nouvelle armée syrienne incluant les FDS et d’autres composantes du pays, mais il souligne que la question des appellations et des identités demeure sensible. En tant que Kurde, il dit s’opposer à l’intégration sous la forme actuelle de l’« armée arabe syrienne » et appelle à davantage de finesse terminologique.

    Assad avertit que si les FDS ne mettent pas en œuvre l’accord d’ici la fin du délai, la situation risque de retomber dans l’instabilité. Il rappelle que l’accord contient des dispositions claires restées en grande partie inappliquées, et que le problème ne se limite pas à la seule responsabilité des FDS.

    Il évoque également que, dans son esprit, le président local Ahmad al-Shar et le chef des FDS, Mazloum Abdi, sont présentés comme garants de l’accord et de sa mise en œuvre.

    Enjeux économiques et administratifs

    La présidence syrienne avait annoncé en mars que l’accord prévoyait l’intégration de toutes les institutions civiles et militaires du nord-est syrien au sein de l’administration de l’État, y compris les points de passage frontaliers, l’aéroport et les champs pétroliers et gaziers.

    Ce volet économique est au cœur des résistances : le contrôle des ressources, en particulier des champs d’hydrocarbures, reste un élément déterminant dans les négociations et un facteur potentiellement déstabilisant si les parties estiment que leurs intérêts sont menacés.

    Scénarios possibles après l’échéance

    Alors que la date butoir approche, plusieurs issues restent ouvertes et dépendront à la fois des pressions diplomatiques et des décisions locales.

    • Mise en œuvre concertée : application des clauses par étapes, sous supervision internationale, avec intégration progressive des FDS.
    • Conformité partielle : certaines dispositions sont acceptées tandis que d’autres font l’objet de réserves, entraînant tensions et négociations prolongées.
    • Effondrement de l’accord : non-respect total des engagements, retour à des affrontements sporadiques et nouvelles crises sécuritaires.

    Les prochains jours seront donc cruciaux : diplomatie américaine et turque continueront à exercer des pressions, tandis que Damas et les FDS devront décider s’ils privilégient la mise en oeuvre pragmatique ou la poursuite des postures antagonistes.

    source:https://www.aljazeera.net/news/2025/12/23/%d9%85%d8%a7-%d8%a7%d9%84%d8%b3%d9%8a%d9%86%d8%a7%d8%b1%d9%8a%d9%88%d9%87%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d9%85%d8%aa%d9%88%d9%82%d8%b9%d8%a9-%d8%a8%d8%b9%d8%af-%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%87%d8%a7%d8%a1-2

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