Les États‑Unis ont sanctionné Thierry Breton et quatre autres personnalités européennes pour leur rôle dans la régulation des grandes plateformes et la lutte contre la désinformation. L’annonce, faite le 23 décembre, a suscité une réaction immédiate en Europe, où Breton s’est exprimé sur RTL. «C’est au-delà de ma personne. C’est surtout de l’Europe dont il s’agit, j’ai fait mon simple travail en tant qu’officiel européen.» Il a ensuite averti que sans réponse ferme, «réagir vite» et «avec la plus grande fermeté» seraient nécessaires pour protéger l’espace numérique européen. Quatre autres responsables d’ONG actives contre la désinformation et les discours de haine en ligne sont également concernés par ces mesures.
À Bruxelles, la Commission européenne demande des clarifications et promet une réponse rapide
La Commission a indiqué avoir «demandé des clarifications aux autorités américaines» et a affirmé qu’elle était prête «à répondre rapidement et de manière décisive pour défendre notre autonomie réglementaire contre des mesures injustifiées», selon son communiqué. Breton affirme que l’Europe doit se montrer ferme et agir, afin d’éviter que les futures autorités ne soient «ostracisés et punis» pour l’exercice de leur mandat. À Bruxelles, on précise que «Si nécessaire, nous répondrons rapidement et de manière décisive pour défendre notre autonomie réglementaire».

Quatre autres personnalités européennes visées et le soutien politique
Les mesures visent Imran Ahmed (Center for Countering Digital Hate), Clare Melford (GDI), et Anna-Lena von Hodenberg ou Anna-Leva von Hodenberg, ainsi que Josephine Ballon (HateAid), selon les différents comptes. Sur X, Emmanuel Macron a évoqué son entretien avec Breton et l’a «remercié pour le travail considérable accompli au service de l’Europe», ajoutant que «nous ne céderons rien et nous protégerons l’indépendance de l’Europe et la liberté des Européens».

Selon les sources, la Commission a aussi déclaré qu’elle «demandait des clarifications» et qu’elle serait prête à une réponse rapide si nécessaire. Le contexte demeure complexe: des tensions entre les velléités américaines et l’ambition européenne de régler les questions de régulation numérique, sans céder sur l’autonomie réglementaire.