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Des dirigeants européens ont fermement condamné les menaces tarifaires annoncées par le président américain Donald Trump concernant le Groenland, estimant que ces mesures menacent la cohésion transatlantique et constituent des « menaces tarifaires Trump Groenland » susceptibles de provoquer une spirale dangereuse.
Dans une déclaration conjointe publiée dimanche, huit pays — Danemark, Finlande, France, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède et Royaume‑Uni — ont déclaré qu’ils « se tiennent pleinement solidaires » du Danemark et du peuple groenlandais, territoire semi‑autonome lié au royaume danois.
Ils ont ajouté qu’ils étaient prêts à « engager un dialogue fondé sur les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale », et averti que « les menaces tarifaires affaiblissent les relations transatlantiques et risquent une spirale dangereuse ». Les signataires ont assuré leur volonté de rester « unis et coordonnés » pour défendre leur souveraineté.
Options de riposte étudiées par l’Union européenne
Les autorités européennes se sont réunies en urgence pour coordonner une réponse aux pressions économiques croissantes exercées par Washington sur l’avenir de l’île. Le président du Conseil européen, António Costa, a souligné l’unité du bloc pour défendre la souveraineté nationale et « nous défendre contre toute forme de coercition » avant une réunion extraordinaire des États membres prévue dans les prochains jours.
Parmi les options évoquées figurent l’imposition de droits de douane de représailles et des restrictions de marché visant des entreprises américaines. Plusieurs sources évoquent en outre l’utilisation potentielle d’un mécanisme inédit adopté en 2023, l’instrument anti‑coercition, qui permettrait des mesures étendues sur les investissements et la propriété intellectuelle.
Selon certaines estimations avancées au sein du bloc, des contre‑mesures pourraient concerner jusqu’à 93 milliards d’euros d’importations américaines si la situation l’exigeait.
Appels à activer l’instrument anti‑coercition
La perspective d’utiliser l’instrument anti‑coercition, jamais encore activé, a suscité des appels publics. Bernd Lange, eurodéputé et président de la commission du commerce du Parlement européen, a demandé l’activation immédiate de ce mécanisme, rappelant qu’il a été conçu précisément pour répondre à de tels cas de pression économique.
Escalade des pressions américaines
Donald Trump a annoncé que huit pays feraient face à un droit de 10 % à compter du 1er février, puis de 25 % à partir du 1er juin, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé permettant aux États‑Unis d’acheter le Groenland. Il a poursuivi sa campagne de pression en publiant des messages sur son réseau social, affirmant que le Danemark n’aurait « rien pu faire » face aux menaces russes et réitérant sa volonté d’obtenir l’île.
Plusieurs responsables européens ont exprimé leur inquiétude face à la possibilité, évoquée par Trump, d’un recours à la force, estimant que de telles déclarations pourraient fragiliser durablement les relations transatlantiques et l’architecture de sécurité commune.
Réactions nationales et mobilisation citoyenne
Le Danemark a exclu la vente du Groenland, tandis que des sondages montrent que l’immense majorité des quelque 57 000 habitants de l’île ne souhaitent pas rejoindre les États‑Unis. En réaction aux déclarations américaines, des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes danoises, scandant « Le Groenland n’est pas à vendre » et brandissant des pancartes « Hauts‑les mains, le Groenland. »
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a remercié pour le « fort soutien » européen et affirmé ne pas chercher le conflit, tout en se félicitant des messages constants en provenance du continent : « L’Europe ne se laissera pas faire. »
Positions des dirigeants européens
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que « ni intimidation ni menace » ne modifieraient la position de son gouvernement sur le Groenland. Il a qualifié d’inacceptables les menaces tarifaires et assuré que l’Europe répondrait d’une manière unie et coordonnée si ces mesures étaient confirmées.
De son côté, le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé que les tarifs envisagés étaient « complètement inacceptables » et annoncé qu’il s’engagerait directement auprès de l’administration américaine pour contester ces projets.
Alors que la crise s’approfondit, les dirigeants européens mettent en garde contre l’impact politique et sécuritaire d’une escalade commerciale, soulignant la nécessité de préserver les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale au cœur des relations transatlantiques.