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Le vice‑gouverneur de Jérusalem occupée, Abdallah Siyam, a qualifié les opérations menées par les forces israéliennes ces derniers jours d’« les plus dangereuses depuis le début de l’occupation ». Selon ses déclarations, les assauts s’étendent des campements bédouins à l’est jusqu’aux cours de la mosquée Al‑Aqsa, et atteignent désormais l’entrée nord de Jérusalem qui la relie à Ramallah.
Des raids ciblés à Qalandia et Kafr Aqab
Les opérations ont débuté par l’entrée des forces dans le siège de la gouvernorat de Jérusalem au camp de Qalandia, accompagnée de démolitions, d’agressions et de dispersions d’organisations palestiniennes avec ce que Siyam décrit comme une force excessive. De nombreuses habitations, déjà occupées par des familles déplacées de Jérusalem, ont été démolies alors que ces quartiers étaient devenus un refuge pour ceux qui ont perdu leur logement.
Par ailleurs, une offensive militaire à grande échelle a visé Kafr Aqab et les abords du camp de Qalandia. Des témoins ont rapporté la présence de snipers positionnés sur des toits donnant sur la route dite de l’aéroport, tandis que le siège du comité populaire du camp a été vidé puis utilisé comme poste de contrôle par l’armée.
Ces opérations se sont déroulées au moment où les élèves se rendaient à l’école, provoquant panique et confusion parmi les familles. En conséquence, plusieurs établissements scolaires ont suspendu les cours pour préserver la sécurité des enfants.
Une politique d’isolement renforcée
Siyam souligne que les actions actuelles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à isoler Jérusalem : anneau de colonies, construction du mur de séparation et routes de contournement qui, selon lui, servent désormais de frontières géographiques séparant la ville du reste de la zone palestinienne.
Il alerte en particulier sur l’impact des mesures touchant l’entrée nord de la ville, qui relie le sud et le centre de la Cisjordanie occupée et dont le contrôle modifie profondément la mobilité et l’accès aux services pour les résidents.
Alerte sur les implications politiques
Pour le vice‑gouverneur, la rapidité et l’ampleur des opérations sont d’autant plus préoccupantes qu’elles se déroulent pendant que l’attention internationale est accaparée par la situation à Gaza ou par les tensions entre les grandes puissances. Cette conjoncture, selon lui, offre à Israël l’opportunité d’appliquer des mesures difficiles à contrecarrer par la suite.
Siyam met en garde contre les conséquences à long terme : ces mesures, dit‑il, compromettent gravement tout espoir d’un avenir de paix et rendent pratiquement impossible la perspective d’un État palestinien indépendant si elles restent en place.