À Nantes, un ancien policier à la retraite a été condamné à sept ans de prison ferme pour le tir mortel d’Aboubacar Fofana lors d’un contrôle en 2018. La cour criminelle de Loire-Atlantique a assorti la peine d’un mandat de dépôt, entraînant une incarcération immédiate pour le prévenu. Ce verdict intervient au milieu d’un débat public qui oppose les tenants d’une application stricte du cadre légal aux critiques sur les pratiques policières lors des contrôles. Le procès s’est déroulé dans un contexte de tensions locales et de préoccupations sur l’usage des armes.
À Nantes, condamnation à sept ans de prison ferme pour un tir mortel en 2018
La cour a estimé que les faits justifiaient une peine ferme et a dépassé les réquisitions du ministère public. Sept ans de prison ferme et le mandat de dépôt prononcés marquent une sanction importante dans ce dossier. Me Laurent-Franck Liénard, avocat de la défense, a aussitôt annoncé faire appel, déclarant : « C’est totalement inhumain. Je n’ai même pas les mots ». De leur côté, les avocats de la partie civile ont insisté sur la gravité des conséquences et sur le principe d’égalité devant la justice, citant Me Anne Bouillon qui a affirmé : « Je crois que vous avez manqué de courage. C’est cela qui vous empêche de reconnaître que l’espace d’un instant, vous avez fait volontairement usage de votre arme ».

Plusieurs versions du tir ont été évoquées au fil du procès. Après avoir évoqué la légitime défense lors de sa première audition, le policier a assuré que le tir était parti accidentellement, puis a déclaré qu’il était parti « après ce corps à corps », en restant à l’extérieur du véhicule. L’expert balistique et le médecin légiste se sont, pour leur part, accordés sur le fait que le tireur se trouvait à l’extérieur au moment des faits, ce qui a alimenté les échanges entre les témoins et les avocats.
Réactions et implications du verdict
La famille de la victime et ses avocats ont réagi au verdict en rappelant la gravité du décès et en appelant à une justice équitable. Me Anne Bouillon a déclaré : « Il n’y a pas d’un côté les privilégiés de la justice et de l’autre les citoyens de seconde zone », en référence à la perception du traitement des dossiers sensibles. L’ancien policier, impliqué dans une affaire remontant à juillet 2018 dans le quartier du Breil, était jugé pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner lors d’un contrôle.
Le verdict a été décrit comme ferme et dissuasif, et la discussion sur les pratiques policières et la légitime défense se poursuit dans l’espace public. Le ministère public avait réclamé une peine plus légère, mais la cour a souligné la gravité des faits et la nécessité de démontrer des sanctions proportionnées dans ce type de dossiers.