Une délégation bipartisane du Congrès américain est en visite au Danemark et au Groenland pour réaffirmer l’alliance transatlantique et rappeler les positions sur l’avenir du Groenland. Arrivés à Copenhague, les parlementaires ont rencontré la Première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un « désaccord fondamental » avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Cette visite, deux jours après une réunion à Washington sur les perspectives d’un accord, vise à encourager un dialogue constructif sur le Groenland. À Nuuk, les habitants ont salué cette tournée de soutien tandis que des manifestations sont prévues dans plusieurs villes du Danemark et du Groenland.
À Copenhague, une délégation bipartisane en visite
Les onze parlementaires ont en particulier rencontré la Première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un « désaccord fondamental » avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.
La délégation est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d’entreprise. Plus tard dans la journée, elle s’est entretenue avec des membres du Parlement danois où le drapeau groenlandais a été hissé. La sénatrice républicaine Lisa Murkowski a salué « un bon dialogue » à chacune de ces réunions, et a appelé à prendre soin de l’amitié entre les États-Unis et le Danemark.
Un allié, pas un actif
Cette observation sur le Groenland a été répétée par Murkowski en marge des discussions:
Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif
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Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome. Le sénateur démocrate Chris Coons a également rappelé l’objectif de ce voyage:
Ecouter respectueusement nos amis (…) puis retourner aux États-Unis pour partager ces points de vue afin que nous puissions faire baisser la température et avoir un dialogue plus constructif sur la meilleure voie à suivre
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Outre Lisa Murkowski et Chris Coons, la délégation américaine est composée des sénateurs Dick Durbin, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis du Parti républicain. La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride.

A Nuuk, les habitants saluent cette tournée de soutien. « Le Congrès n’approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n’est qu’un idiot qui parle », assure Kenni (nom d’emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l’AFP. « Mais s’il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s’activer ».
Donald Trump ne cesse de réitérer sa volonté de s’emparer de l’immense île et critique Copenhague sur son manque d’engagement au Groenland. Vendredi, les militaires étaient plus visibles dans la capitale groenlandaise, et l’envoi d’une mission de reconnaissance européenne est vu comme un signal par les analystes. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a répété que l’administration est fermement opposée à une acquisition du Groenland, tandis que Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark, a déclaré: « Il est hors de question » que les États-Unis acquièrent le Groenland. La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de quelques personnels militaires, préalable à de nouveaux exercices dans l’Arctique. La France a déjà déployé « une première équipe de militaires » au Groenland et va dépêcher « dans les prochains jours » de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » dans le territoire autonome danois, a indiqué Emmanuel Macron.
Dans ce contexte, d’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump. Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements à Nuuk et au Danemark dans la capitale du pays, à Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.