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Au 1 461e jour de la guerre Russie-Ukraine, les combats et frappes se multiplient sur plusieurs fronts tandis que la scène diplomatique européenne reste marquée par des tensions autour des sanctions et des livraisons d’énergie. Entre attaques meurtrières, gains territoriaux revendiqués par Kyiv et blocages politiques à Bruxelles, la situation demeure volatile et contrastée.
Batailles et frappes
Un attentat a visé une patrouille de police sur la place de la gare Savyolovsky, dans le centre de Moscou : un policier a été tué et deux autres blessés, a indiqué le ministère russe de l’Intérieur sur la messagerie Telegram. Par ailleurs, des frappes à la drone ont touché la ville de Zaporizhzhia, blessant cinq personnes, dont un enfant, selon les services d’urgence ukrainiens.
Dans le sud de l’Ukraine, des attaques par drones ont fait deux morts et trois blessés dans la région d’Odessa ; le ministre en charge de la reconstruction, Oleksii Kuleba, a précisé que des infrastructures portuaires ont été visées. À Mykolaïv, une explosion a grièvement blessé plusieurs policiers : le chef de la police nationale, Ivan Vyhivskyi, a dénoncé une action délibérée visant les forces de l’ordre.
Une autre explosion a endommagé un poste de police à Dnipro sans faire de blessés déclarés, tandis que Kiev affirme avoir frappé une station-pompe russe alimentant le pipeline Druzhba, provoquant un incendie près de Kaleykino, en Tatarstan. Sur le plan militaire, le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandr Syrskii, a annoncé la « restauration du contrôle » sur quelque 400 km² le long d’un secteur du front sud, marquant une progression rare ces derniers mois.
Enfin, depuis Berlin, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que la résistance ukrainienne s’avérait souvent plus efficace qu’on ne le décrit, soulignant aussi que l’économie russe « ploie sous le poids des sanctions et de la guerre ».
Politique et diplomatie
Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une réunion pour commémorer le quatrième anniversaire de l’invasion russe du 24 février 2022, tandis qu’au siège de l’OTAN à Bruxelles le Premier ministre néerlandais Mark Rutte doit prendre la parole à l’occasion de l’anniversaire.
Sur le front européen, la Hongrie a maintenu son veto à l’encontre d’un nouveau train de sanctions contre la Russie et au bloc de prêts important destiné à l’Ukraine, invoquant un différend sur les livraisons de pétrole. En réaction, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a jugé que les « ultimatum » de Budapest et de Bratislava devaient s’adresser au Kremlin et que ces gouvernements « ne peuvent pas tenir en otage l’ensemble de l’UE ».
Plusieurs responsables européens ont décrit ce veto comme un recul pour l’unité européenne : la Première ministre estonienne Kaja Kallas a qualifié la décision de coup dur, et le président du Conseil européen Antonio Costa a exhorté le Premier ministre hongrois Viktor Orbán à respecter l’accord européen sur le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Dans les coulisses bruxelloises, le ministre hongrois Peter Szijjártó a essuyé des critiques de la part de certains collègues, qui l’accusent d’instrumentaliser la question énergétique pour des motifs politiciens.
Sur le plan des pourparlers, le chef de cabinet du président Zelenskyy, Kyrylo Budanov, a évoqué la possibilité d’un nouveau round de négociations visant à mettre fin au conflit d’ici la fin de la semaine. Par ailleurs, Valerii Zaluzhnyi, ancien chef d’état-major devenu ambassadeur au Royaume-Uni, a qualifié d’« anecdotes de café » les spéculations sur ses ambitions présidentielles et a déclaré qu’il ne discuterait pas de son avenir politique tant que l’état de guerre perdure.
Sur les mesures punitives, l’Union européenne a inscrit de nouveaux responsables russes sur une liste de sanctions, notamment des personnes liées à des atteintes graves aux droits de l’homme et au système judiciaire. Quant aux perspectives de reconstruction, la Banque mondiale, l’ONU, la Commission européenne et Kiev estiment que la remise sur pied de l’économie ukrainienne exigera près de 588 milliards de dollars sur la prochaine décennie.
Enfin, le président Zelenskyy a réaffirmé la disposition de son pays à aider à la libération de prisonniers politiques biélorusses, après un précédent échange organisé sous médiation américaine. À Séoul, la Corée du Sud a demandé à l’ambassade russe d’enlever une banderole proclamant « la victoire sera nôtre », exprimant ainsi sa préoccupation à la veille de l’anniversaire de l’invasion.
Énergie
La question énergétique continue d’alimenter la crise politique : le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé que l’opérateur du réseau électrique refuserait toute demande slovaque d’approvisionnement d’urgence à l’Ukraine tant que les livraisons de pétrole via le pipeline Druzhba ne reprendront pas. Cette position fait craindre de nouvelles tensions régionales autour des approvisionnements en énergie.
De son côté, la compagnie nationale ukrainienne d’électricité, Ukrenergo, a assuré que l’éventuel refus de la Slovaquie n’affecterait pas le fonctionnement du système électrique ukrainien. Le ministère slovaque de l’Économie a de plus précisé que l’opérateur transfrontalier Transpetrol avait été informé que les livraisons de pétrole devraient reprendre le 25 février, selon les informations communiquées par Kiev.