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La Hongrie a opposé son veto, lundi, empêchant l’Union européenne d’adopter la 20e série de sanctions contre la Russie. L’impasse a été confirmée après la réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, où la représentante haute de l’UE, Kaja Kallas, a indiqué qu’aucun consensus n’avait pu être trouvé.
Déclarations et priorités de l’UE
Kaja Kallas a dénoncé ce recul comme « indésirable » et a assuré que les négociations se poursuivraient pour parvenir à un accord. Selon elle, « l’obstacle à la paix, c’est la Russie, pas l’Ukraine », et il faut augmenter la pression sur Moscou.
Elle a insisté sur les conditions d’un « paix juste » qui, d’après elle, impliquent la reconnaissance des frontières, l’arrêt des sabotages, le versement de réparations et le retour des enfants ukrainiens enlevés.
Blocage et exigences de Budapest
Le veto de Budapest est lié à des demandes précises : la Hongrie conditionne son accord à la reprise des livraisons de pétrole russe via le pipeline Druzhba, qui traverse l’Ukraine. Kyiv affirme pour sa part que le conduit a été endommagé par des frappes russes.
Le premier ministre Viktor Orbán a également menacé de faire obstruction à d’autres mécanismes d’aide à l’Ukraine, notamment un prêt européen de 90 milliards d’euros.
Cette position de la Hongrie illustre la difficulté pour l’UE de concilier l’unité politique avec des intérêts nationaux divergents, et explique l’expression désormais fréquente « veto Hongrie » dans les débats diplomatiques.
Mesures additionnelles décidées
Malgré l’échec de la 20e trame de sanctions, l’UE a adopté des décisions complémentaires visant à restreindre certains abus. Elles comprennent :
- la limitation du nombre d’employés des services de l’ambassade russe auprès des institutions européennes à 40 personnes ;
- des travaux pour empêcher l’entrée dans l’espace Schengen de plusieurs centaines de milliers d’anciens militaires russes ;
- une posture de tolérance zéro envers l’utilisation abusive du statut diplomatique.
Réactions au sein des États membres
Plusieurs responsables européens ont réagi à l’impasse. António Costa, intervenant dans le débat, a rappelé la nécessité pour les États membres de respecter les décisions prises par consensus, avertissant que leur non-respect fragiliserait le principe de coopération au sein de l’Union.
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé sa confiance en une adoption prochaine de la 20e série de mesures, estimant que ce n’était « qu’une question de temps ».
Contexte et bilan des sanctions
Depuis le déclenchement de l’offensive russe le 24 février 2022, l’Union européenne a déjà adopté dix-neuf ensembles de sanctions contre la Russie. Ces mesures ont ciblé des secteurs clés comme le commerce, la finance et l’énergie, et ont conduit à l’inscription de plus de 2 500 personnes et entités sur les listes restrictives.
La paralysie actuelle montre toutefois que la poursuite de ces pressions dépend aussi de compromis politiques entre États membres, alors que l’Ukraine continue d’appeler à un renforcement des sanctions contre Moscou.
Les discussions doivent se poursuivre au cours des prochains jours afin d’essayer de lever le veto et d’harmoniser la réponse européenne face à l’agression russe, alors que les besoins diplomatiques et militaires d’Kyiv restent importants.