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La police criminelle du Sri Lanka a annoncé l’arrestation de l’ancien chef du renseignement national, Suresh Sallay, dans le cadre des attentats du dimanche de Pâques 2019 qui avaient fait des centaines de victimes et profondément affecté le secteur touristique de l’île. L’arrestation a eu lieu à l’aube dans une banlieue de la capitale, selon les autorités.
Détails de l’accusation
Les enquêteurs ont formellement inculpé Suresh Sallay pour conspiration ainsi que pour complicité dans les attaques suicide coordonnées. L’intéressé nie les accusations portées contre lui, mais la police indique disposer d’éléments motivant sa mise en examen.
Les attentats de Pâques 2019
Le 21 avril 2019, six attaques presque simultanées ont visé trois églises et trois hôtels de luxe pendant le petit-déjeuner. Ces explosions ont causé la mort de centaines de personnes et fait plus de 500 blessés, dont des dizaines d’étrangers, portant un coup sévère à l’économie touristique du pays.
Allégations et contexte politique
Des enquêtes médiatiques ont affirmé que Suresh Sallay aurait été en lien avec certains des auteurs des attentats et les aurait rencontrés avant les faits. Un lanceur d’alerte a déclaré que l’attaque aurait été laissée se dérouler pour influencer l’élection présidentielle de 2019 en faveur de Gotabaya Rajapaksa.
Deux jours après les attaques, Gotabaya Rajapaksa a annoncé sa candidature et a remporté l’élection de novembre 2019 en promettant de mettre fin à la violence. Après cette victoire, Sallay a été nommé à la tête du State Intelligence Service (SIS), puis révoqué après l’élection présidentielle de 2024 remportée par Anura Kumara Dissanayake, qui avait promis des poursuites contre les responsables des attentats.
Enquêtes et décisions judiciaires
Les investigations ont également pointé des manquements des autorités, notamment des avertissements émanant d’un service de renseignement indien qui n’auraient pas été suivis d’action. En 2023, la Cour suprême du Sri Lanka a jugé que l’ancien président Maithripala Sirisena et quatre hauts responsables n’avaient pas empêché les attentats.
La Cour a ordonné à Sirisena de verser une indemnité personnelle aux familles de victimes, et d’autres responsables, dont le chef de la police de l’époque et des officiers du renseignement, de payer des compensations supplémentaires. Par ailleurs, les Nations unies ont demandé la publication de parties d’enquêtes antérieures qui avaient été tenues secrètes.
Enjeux et suites attendues
L’arrestation de Suresh Sallay relance un dossier sensible qui mêle questions de sécurité, responsabilités politiques et demandes de justice des familles de victimes. Les autorités judiciaires du Sri Lanka poursuivent les investigations, tandis que la communauté internationale suit de près l’évolution des procédures.
De nouvelles audiences et expertises techniques sont attendues dans les semaines à venir afin de préciser le rôle exact de chaque acteur impliqué et d’établir les responsabilités pénales.