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Lors de son discours annuel devant le Congrès, le président américain Donald Trump a affirmé préférer une issue diplomatique aux tensions avec Téhéran, tout en justifiant le renforcement militaire et en menaçant d’actions contre l’Iran au sujet de ce qu’il présente comme un retour à un programme nucléaire et au développement de missiles susceptibles d’atteindre le sol américain.
Ton dur malgré une « préférence » pour la diplomatie
Trump a adopté un ton ferme à l’égard de l’Iran, accusant le régime d’œuvrer à la reconstruction d’infrastructures nucléaires déjà ciblées par des frappes américaines en juin 2025. Il a déclaré : « Ma préférence est de résoudre ce problème par la diplomatie », tout en ajoutant qu’il n’autoriserait jamais « le premier sponsor mondial du terrorisme » à se doter d’une arme nucléaire.
Le président a soutenu que les sites avaient été « anéantis », une affirmation contestée par certains experts. Par ailleurs, ni les services de renseignement américains ni l’Agence internationale de l’énergie atomique n’ont, l’an dernier, fourni de preuve publique convaincante selon laquelle l’Iran poursuivait activement un programme d’armes nucléaires.
Accusations sur les missiles et les attaques au sol
Au-delà du nucléaire, Trump a affirmé que Téhéran travaillait au développement de missiles pouvant bientôt atteindre les États-Unis, reprenant des allégations circulant dans certains médias iraniens sur la portée nord-américaine de nouveaux vecteurs balistiques.
Il a aussi imputé à l’Iran la responsabilité d’embuscades ayant coûté la vie à des militaires et des civils américains, et a condamné la répression des manifestations antigouvernementales, évoquant des milliers de morts selon ses propos. Ces accusations renforcent le discours justifiant le renforcement militaire américain dans la région.
Renforts américains et pourparlers indirects à Genève
Les déclarations interviennent alors qu’une importante mise en place militaire américaine se poursuit au Moyen-Orient, avec des renforts destinés à dissuader toute escalade. En parallèle, une troisième série de pourparlers indirects, prévue à Genève et médiée par Oman, doit réunir des émissaires américains et des responsables iraniens.
Les envoyés américains annoncés pour ces discussions sont Steve Witkoff et Jared Kushner, qui participeront aux entretiens destinés à réduire les tensions et à explorer un accord susceptible d’empêcher un conflit ouvert.
Réponse iranienne : la diplomatie reste possible
Sur la plateforme X, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré qu’un accord avec Washington était « à portée de main » si la diplomatie était privilégiée. Il a réitéré que l’Iran n’aurait « en aucun cas » d’arme nucléaire et qu’il entendait conserver le droit au développement pacifique de l’énergie nucléaire pour son peuple.
Araghchi a insisté sur la volonté de Téhéran d’aboutir rapidement à un accord « juste et équitable », soulignant que le moment était « historique » pour parvenir à un règlement inédit entre les deux pays, si les négociations l’emportent sur la confrontation.
Enjeux et perspectives
Alors que Washington met l’accent sur la dissuasion militaire, la coexistence entre pressions armées et efforts diplomatiques crée une dynamique incertaine. Les prochaines discussions à Genève seront scrutées pour mesurer la possibilité de concilier sécurité régionale et garanties sur le programme nucléaire iranien.
Dans ce contexte, la ligne choisie par l’administration américaine — mêlant menaces et ouverture au dialogue — déterminera en grande partie l’évolution des relations entre les États-Unis et l’Iran dans les semaines à venir.