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Le Pakistan a annoncé une « guerre ouverte » contre le gouvernement afghan après des frappes aériennes menées dans la nuit de vendredi contre Kaboul, Kandahar et Paktika. Islamabad affirme avoir riposté à une attaque militaire afghane sur une zone frontalière survenue quelques heures plus tôt. Les frappes ont ravivé des tensions déjà vives le long de la frontière entre les deux pays.
Riposte aérienne et bilans revendiqués
Selon les autorités pakistanaises, des avions de l’armée ont visé des positions jugées défensives de la mouvance talibane dans les provinces de Kaboul, Kandahar et Paktika. Les premières frappes ont été signalées vers 01h50, suivies d’autres raids ultérieurs, tandis que des tirs anti-aériens ont été entendus dans la capitale afghane.
Le ministre pakistanais de la Défense a publié un message sur la plateforme X affirmant que « la patience » de son pays était arrivée à son terme et annonçant le lancement d’une « guerre ouverte ». Le gouvernement pakistanais indique en outre avoir détruit 27 sites et saisi neuf positions, faisant état de 133 combattants tués et de plus de 200 blessés, chiffres avancés par les autorités et diffusés par la chaîne publique pakistanaise.
Les médias officiels pakistanais ont assuré que des quartiers généraux de brigades et de divisions, ainsi que des dépôts de munitions et des bases logistiques, avaient été touchés. Ces bilans n’ont pas pu être indépendamment vérifiés dans l’immédiat.
Répliques afghanes et combats transfrontaliers
De leur côté, les autorités afghanes ont dénoncé des frappes « lâches » de l’armée pakistanaise contre plusieurs zones de Kaboul, Kandahar et Paktika. Le porte-parole du gouvernement a indiqué, via la même plateforme de messages, qu’aucun bilan de victimes n’avait été confirmé dans un premier temps et que les forces afghanes ripostaient aux attaques.
Des combats ont également été signalés le long de la ligne de partage, où les forces afghanes ont affirmé avoir mené des opérations offensives contre des positions militaires pakistanaises. Un responsable militaire afghan a déclaré que dix soldats pakistanais avaient été tués et que treize positions avaient été prises lors des affrontements; ces allégations restent pour l’heure revendiquées par les parties en conflit.
Plus tôt dans la semaine, Kaboul avait prévenu qu’en cas de nouvelle violation de l’espace aérien ou d’attaque contre des positions afghanes, Islamabad serait ciblée en représailles, accentuant ainsi le risque d’une escalade généralisée.
Contexte régional et perspectives
Les relations entre Islamabad et Kaboul se sont fortement détériorées ces derniers mois, avec des postes-frontières fermés depuis des affrontements en octobre qui ont fait plus de 70 morts. Des tentatives de médiation avaient eu lieu, mais les pourparlers n’ont pas permis d’aboutir à un accord durable.
Le Pakistan accuse régulièrement les autorités afghanes de ne pas agir contre des groupes armés qui mèneraient des attaques depuis le territoire afghan, une accusation rejetée par Kaboul. Alors que les deux camps multiplient les accusations et les opérations militaires, la perspective d’une escalade plus large alimente les inquiétudes régionales.
Cette nouvelle phase de confrontation marque une intensification notable de la guerre Pakistan-Afghanistan et laisse planer un risque élevé pour la sécurité transfrontalière et la stabilité zone alentour.