SoftBank annonce un investissement de 75 milliards d’euros en France dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, avant le neuvième sommet Choose France organisé lundi au château de Versailles. L’annonce a été faite par Masayoshi Son, président fondateur du groupe japonais, dans La Tribune Dimanche, puis reprise par l’AFP via France 24.
Selon France 24, Masayoshi Son présente ce projet comme « l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle » : 75 milliards d’euros au total, dont 45 milliards d’ici à 2031 dans les Hauts-de-France, pour la construction de centres de données. La Tribune indique de son côté que l’investissement annoncé doit se déployer en France dans les prochaines années.
La Tribune précise que le sommet Choose France doit réunir ce lundi plus de 200 patrons et investisseurs étrangers au château de Versailles. Ce rendez-vous économique sert à mettre en avant la capacité du pays à attirer des projets internationaux. France 24 rappelle que l’édition précédente, en mai 2025, avait atteint 20 milliards d’euros de projets annoncés.
Une première phase concentrée dans les Hauts-de-France
Dans les éléments cités par La Tribune, SoftBank évoque une première phase destinée à fournir 3,1 gigawatts de capacité de centres de données consacrés à l’IA dans la région Hauts-de-France, avec des centres implantés à Dunkerque, Loon-Plage, Le Bosquel et Bouchain. Le groupe prévoit également de développer des sites supplémentaires à travers la France et vise à terme 5 gigawatts dans l’Hexagone.
La Tribune ajoute que l’un des centres de données annoncés, celui du Bosquel, d’une puissance de 1 gigawatt, doit être réalisé en collaboration avec la start-up marseillaise Sesterce. Le même article rapporte qu’en moins de deux mois, après une rencontre entre Emmanuel Macron et Masayoshi Son, les équipes impliquées ont dû identifier des terrains, les acquérir et trouver des partenaires industriels.
France 24 cite aussi plusieurs localisations prévues dans le nord de la France : Loon-Plage à côté de Dunkerque, Bouchain près de Valenciennes, dans une ancienne centrale thermique, et le village du Bosquel près d’Amiens. Ces éléments placent les Hauts-de-France au cœur de la première étape annoncée.
L’énergie mise au premier plan
Masayoshi Son explique, selon France 24, que l’énergie constitue le premier argument en faveur de l’investissement en France. Le dirigeant affirme que le fait que le pays soit producteur et exportateur d’énergie est « absolument décisif » pour des investissements d’infrastructure dans l’intelligence artificielle, « surtout pour des data centers ».
France 24 rapporte également que, pour les acteurs du secteur, la France dispose d’une électricité abondante et décarbonée à 95 %, un facteur important pour des centres de données très consommateurs d’énergie. EDF est cité comme saluant « la capacité de la France à accueillir des infrastructures numériques de grande ampleur grâce à une électricité compétitive, souveraine et bas carbone ».
L’article de France 24 indique aussi que Schneider Electric est partenaire du projet. Son directeur général, Olivier Blum, décrit auprès de l’AFP un partenariat important et « le plus gros » projet de ce type en France. Selon lui, Schneider Electric doit aider au design et à la fourniture des équipements, avec notamment la création d’une usine de modules préfabriqués de centres de données sur le port de Dunkerque.
Un signal industriel autour de l’IA
France 24 rappelle que le sommet sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025 s’était traduit par 109 milliards d’investissements dans l’IA en France. Ce sommet avait aussi permis à EDF et RTE de présenter des offres destinées à attirer les investisseurs dans l’Hexagone.
Le même article précise que 35 sites « prêts à l’emploi » avaient été désignés pour accueillir des centres de données dédiés à l’IA, dont une dizaine de grande puissance, notamment dans les Hauts-de-France. Dans ce contexte, l’annonce de SoftBank donne une traduction concrète à la concurrence autour des infrastructures numériques et de l’énergie nécessaire à leur fonctionnement.
Fondé en 1981 par Masayoshi Son, SoftBank Group est présenté par France 24 comme l’un des principaux investisseurs mondiaux spécialisés dans les télécoms, la tech et l’IA. Le média rappelle aussi, en citant La Tribune Dimanche, que l’entreprise détient notamment 11 % du capital d’OpenAI.
Masayoshi Son estime aussi, selon France 24, que « rattraper les États-Unis » est un enjeu pour la plupart des autres pays et que l’Europe doit trouver un équilibre entre innovation européenne et régulation.
