Un dramatique accident survenu sur la funivia reliant Castellammare di Stabia au mont Faito en Campanie évoque tragiquement le précédent de la funiculaire Stresa-Mottarone. Quatre personnes ont perdu la vie jeudi dernier, et une cinquième est gravement blessée, rappelant la catastrophe de mai 2018 qui avait fait treize victimes au bord du lac Majeur.
Une dynamique d’accident similaire à celle du Mottarone
La rupture de la corde de traction alors que le trajet touchait à sa fin en altitude, les freins défaillants, puis la cabine qui percute violemment un pylône avant de se détacher du système de câbles et de chuter dans le ravin : la séquence tragique vécue sur la funivia du Faito présente de troublantes similitudes avec l’incident survenu sur la ligne Stresa-Mottarone.
L’accident sur le Mottarone, le 23 mai 2018, avait été causé par la rupture de la corde due à une dégradation avancée, conséquence d’une mauvaise maintenance. De plus, le frein d’urgence avait été neutralisé à l’aide d’un système de blocage illégal, ce qui avait empêché toute activation en situation critique. Ce dysfonctionnement du système de freinage avait également engendré des arrêts fréquents durant les trajets.
Au contraire, pour la funivia du Faito, le gestionnaire de l’infrastructure, l’EAV, a affirmé que des opérations de maintenance ordinaires et extraordinaires avaient été effectuées pendant la période d’inactivité, laquelle s’est achevée dix jours avant l’accident.
Une tragédie aux accents internationaux
Outre la similitude dans la dynamique de l’accident, on note aussi une coïncidence dans la nationalité des victimes. Parmi celles-ci, plusieurs étaient israéliennes, comme ce fut le cas lors du drame du Mottarone. Cette particularité souligne l’envergure internationale des victimes de ces catastrophes sur des infrastructures touristiques majeures.

Enquête judiciaire et responsabilités
La procureure de Torre Annunziata, Nunzio Fragliasso, est chargée de reconstituer les causes et d’identifier d’éventuelles responsabilités dans cet accident du Faito. L’enquête, qui n’a à ce jour désigné aucun suspect, envisage des chefs d’accusation pour homicides involontaires multiples ainsi que pour désastre involontaire.
Ces mêmes infractions, ainsi que des accusations relatives à la sécurité des transports, avaient été retenues dans l’enquête sur la catastrophe du Mottarone. Plusieurs responsables de la société Ferrovie del Mottarone, gestionnaire de la ligne, avaient alors été mis en examen, dont Luigi Nerini, directeur de l’exploitation Enrico Perocchio, et le chef de service Gabriele Tadini. Après un bras de fer judiciaire, les magistrats avaient requis leur renvoi devant la justice.