En Europe, l’idée d’une autonomie stratégique se forge au-delà des discours, avec des discussions sur la sécurité collective et le rôle des alliances. À Bruxelles et Paris, on insiste sur la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis d’autres puissances tout en restant un partenaire clé de l’OTAN. Cette dynamique s’accompagne d’un dialogue sur les budgets de défense et sur le poids politique du parapluie nucléaire américain. Dans le même temps, l’Europe suit de près les résultats d’un accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et l’Inde qui pourrait remodeler les échanges et les investissements.
À Bruxelles, l’autonomie stratégique européenne se précise dans le cadre de l’OTAN
Selon les informations recueillies, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a déclaré devant les eurodéputés que «Et si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne, ou l’Europe dans son ensemble, peut se défendre sans les Etats-Unis, continuez de rêver. Vous ne le pouvez pas. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres», a martelé devant les eurodéputés.
Il a aussi expliqué que, sans une alliance renforcée, un éventuel recours à une capacité de dissuasion nucléaire autonome coûterait des milliards d’euros et compromettrait ce «parapluie nucléaire américain» que les Européens tiennent à préserver. «Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité», lui a répondu lundi soir le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. «Même les Etats-Unis en conviennent. C’est le pilier européen de l’Otan»
Les chiffres de l’Alliance montrent l’effort demandé: les 32 pays se sont engagés à consacrer au moins 5% de leur PIB à la sécurité d’ici 2035, dont 3,5% à des dépenses militaires; certains pays ont encore du mal à atteindre 2% du PIB, ce qui illustre les défis de l’autonomie stratégique. Donald Trump et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont signalé que les alliés devront compter davantage sur leurs propres forces.
Face à ces déclarations, la France se présente comme l’un des soutiens les plus forts d’une approche européenne plus autonome, même si les partenaires proches de la Russie restent prudents face à des dépendances en armement américain. L’objectif est d’équilibrer les capacités industrielles et la sécurité, tout en conservant les garanties assurées par l’alliance transatlantique.

Accord UE-Inde: un tournant pour l’économie et les échanges
Parallèlement, l’accord de libre-échange signé entre l’Inde et l’Union européenne est présenté comme un tournant économique, avec une zone commerciale vaste et des échanges qui pourraient s’élargir. Narendra Modi a qualifié l’accord de «C’est l’accord de tous les accords», selon les propos rapportés.
L’Inde, en passe de devenir la quatrième économie du monde en 2026, a échangé pour 120 milliards d’euros de marchandises en 2024 avec l’Union européenne — en hausse de près de 90% en dix ans — et 60 milliards d’euros de services, selon les statistiques européennes.
Par l’Inde, l’accord ouvre des perspectives d’investissements et de transferts technologiques, avec des échanges renforcés dans les textiles, le cuir et la joaillerie vers l’Europe. Le secteur industriel européen espère bénéficier des droits de douane réduits ou supprimés sur de nombreuses exportations, renforçant le commerce et les flux d’emploi qualifié.

Des observateurs soulignent que le cadre commercial reste conditionné par les évolutions géopolitiques et les règles internationales, mais l’accord est présenté comme une étape majeure vers une coopération économique mutuellement bénéfique entre Bruxelles et New Delhi.