La Commission européenne (CE) marque un tournant significatif en s’éloignant du *Green Deal*, qui était la pierre angulaire du mandat précédent d’Ursula von der Leyen. La récente Brújula de Compétitivité trace une nouvelle direction pour permettre à l’Europe de devenir le leader dans l’invention, la fabrication et la commercialisation de produits et technologies propres, tout en visant à être le premier continent à atteindre la neutralité climatique.
Un changement d’orientation vers la compétitivité énergétique
Tout en maintenant l’objectif de *Net Zero*, l’accent est désormais mis sur la neutralité technologique. Cela inclut non seulement les énergies renouvelables et l’hydrogène propre, mais également l’énergie nucléaire et l’utilisation du gaz comme transition efficace pour réduire les émissions de carbone. La CE a récemment présenté un document qui lance le débat sur le prochain budget pluriannuel de l’UE, où les initiatives « vertes » apparaissent de manière marginale, démontrant que « le budget est politique ».
Les défis politiques et économiques
Les deux variables clés de cette stratégie, à savoir le rythme et l’ambition, dépendent de divers facteurs, y compris des équilibres internes au sein du Conseil et du Parlement. La situation extérieure, notamment la relation avec la Chine et les politiques commerciales des États-Unis, est également cruciale. Les récents développements, comme l’annonce d’un cessez-le-feu potentiel par Donald Trump, pourraient avoir des implications sur l’approvisionnement énergétique en Europe.
La date du 23 février approche, marquant trois ans après l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin, un événement qui a révélé la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des combustibles fossiles russes. En 2021, l’Allemagne a importé 52% de son gaz, 34% de son pétrole et 53% de son charbon de Russie, ce qui a eu un impact majeur sur son industrie manufacturière, essentielle à son économie.
Les débats en cours sur l’énergie
Le parti CDU, actuellement en tête des sondages, place l’énergie abordable au cœur de sa campagne, promettant de renverser les politiques de l’administration précédente. Cette élection ravive également le débat autour de l’énergie nucléaire, avec des propositions pour maintenir cette option sur la table et investir dans des technologies énergétiques avancées.
Face aux incertitudes économiques, l’énergie est devenue un enjeu fondamental pour la compétitivité en Europe. Friedrich Merz, probable prochain chancelier, a critiqué l’orientation actuelle de l’économie, en déclarant que la protection du climat ne devrait pas se faire au détriment de la compétitivité industrielle.
Bruxelles: un nouveau cap
Le changement d’orientation au sein des institutions bruxelloises est palpable. En janvier, lors du sommet du Parti populaire européen, il a été proposé de réduire la réglementation pour améliorer la compétitivité. Actuellement, la CE semble adopter une approche plus pragmatique, cherchant à équilibrer les préoccupations climatiques avec la nécessité de maintenir la compétitivité économique.
Le programme de travail 2023 de la CE, qui ne mentionne le *Green Deal* qu’une seule fois, témoigne de cette nouvelle direction. L’accent est désormais mis sur la compétitivité énergétique et la simplification de la réglementation, pour soutenir une croissance durable sans créer de déséquilibres.
Conclusion: l’évolution de la stratégie de Bruxelles
Sous le nouveau slogan *Clean Energy Competitiveness*, Bruxelles vise à rationaliser les mécanismes de réglementation tout en cherchant à simplifier la Taxonomie Verte. Les priorités semblent donc se déplacer vers une approche plus centrée sur la compétitivité, conformément aux besoins économiques actuels de l’Europe.