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Le temps du bouclier tarifaire sur l’énergie touche à sa fin. Dans le cadre de la présentation de son projet de loi de finances, le gouvernement a annoncé une augmentation de la taxe sur l’électricité, qui sera effective à partir du 1er février 2025. Malgré cette hausse, l’exécutif assure que la facture baissera de 9 % pour les clients au tarif réglementé. Cette situation semble contradictoire et nécessite une explication.
Une augmentation de la taxe sur l’électricité
Pour comprendre cette annonce, il convient d’examiner l’accise sur l’électricité, également désignée par la lettre « g ». En février 2022, pour atténuer les impacts de l’envolée des prix de l’énergie, cette taxe avait été considérablement réduite, tombant à 1 euro le mégawattheure (MWh). Avec la baisse de l’inflation et la fin du bouclier tarifaire, son montant a été relevé à 21 euros le MWh en février. Le précédent gouvernement avait prévu de la ramener à 32,44 euros/MWh au 1er février 2025.
En raison du déficit public, l’équipe gouvernementale actuelle, sous la direction de Michel Barnier, envisage un relèvement encore plus important. La taxe pourrait être fixée à « *une fourchette autour de 50 euros du MWh* », selon les annonces du ministère de l’Économie. Le montant précis sera déterminé par un arrêté en février, et cette mesure devrait générer environ 3 milliards d’euros de recettes supplémentaires l’année prochaine.
Une baisse de facture moins significative que prévue
Pour justifier cette hausse, le gouvernement met en avant la baisse des prix de l’électricité sur les marchés. Bien que le coût actuel du MWh n’ait pas retrouvé ses niveaux d’avant crise (40-50 euros), il variait en septembre entre 60 et 70 euros, loin des sommets atteints pendant la crise énergétique. En août 2022, le prix avait atteint un record de plus de 1 000 euros. Selon Nicolas Goldberg, expert en énergie, la stabilisation des prix s’explique par la fin des crises électrique et gazière.
Dans ce contexte, le ministère de l’Économie assure que, malgré l’augmentation de l’accise sur l’électricité, les 22,4 millions de ménages et d’entreprises abonnés au tarif réglementé observeront une « *baisse de 9 %* » de leur facture. Cela s’appliquera également aux clients bénéficiant d’offres indexées sur le tarif réglementé. Au total, le gouvernement estime que « *80 % des Français* » verront leur facture diminuer en moyenne d’* »une centaine d’euros »* par an.
Impact sur les clients hors tarif réglementé
En revanche, pour les 20 % restants des Français qui ne sont pas soumis au tarif réglementé, la situation pourrait être moins favorable. Ces clients, qui ont souvent souscrit à des contrats avec des tarifs fluctuants ou à prix fixe, pourraient voir leur facture augmenter. Même si le prix du kWh est stable, les coûts d’abonnement et de taxes peuvent varier, entraînant une hausse de la facture.
La ministre de la Transition écologique et de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, a expliqué que ces consommateurs pourraient avoir bénéficié d’une réduction de leur facture récemment. Cependant, elle a averti qu’il serait nécessaire d’être vigilant pour que cette baisse ne se transforme pas en augmentation en 2025.
Options pour les consommateurs
Les clients non soumis au tarif réglementé ont la possibilité de changer pour une offre à tarif réglementé s’ils le souhaitent. Même avec une offre fixe, il est possible de résilier le contrat avant son terme. Pour ce faire, il suffit de souscrire un nouveau contrat, le nouveau fournisseur se chargeant de prévenir l’ancien.

