La guerre autour de l’Iran fait peser une menace réelle sur l’aluminium mondial en comprimant les capacités de production et les exportations transitant par le Golfe, cœur de l’énergie, du transport maritime et de l’industrie lourde. L’aluminium dépend fortement de l’accès continu à l’électricité, au gaz et aux chaînes d’approvisionnement maritimes ; ainsi, toute perturbation militaire se traduit rapidement par une hausse des coûts d’exploitation, des ruptures dans l’approvisionnement en matières premières et un ralentissement des exportations.
Par conséquent, les conséquences dépassent les simples fluctuations de prix. Plus le conflit s’étend dans le temps ou en intensité, plus la pression s’exerce sur les fonderies et sur les flux de métal vers les grands marchés industriels d’Amérique, d’Asie et d’Europe.
Les premiers signes se voient déjà dans plusieurs pays du Golfe. Par exemple, une entreprise internationale du secteur a indiqué que la production d’aluminium au Qatar est maintenue à environ 60 % de la capacité après des réductions d’approvisionnement en gaz et des perturbations du transport maritime. De même, des rapports récents notent qu’une grande fonderie bahreïnie a temporairement arrêté près de 19 % de sa capacité en raison de problèmes dans les chaînes d’approvisionnement liés aux tensions autour du détroit d’Hormuz.
Ces arrêts ponctuels traduisent que l’impact de la guerre ne se limite plus aux surcoûts ou aux primes de fret : il commence à affecter l’offre physique disponible sur le marché mondial.
Les plus grands producteurs d’aluminium
Selon les données de l’USGS, la production mondiale d’aluminium primaire atteignait 74 millions de tonnes en 2025. Le classement des dix principaux producteurs en 2025 est le suivant :
- Chine : 45 millions de tonnes.
- Inde : 4,2 millions de tonnes.
- Russie : 3,9 millions de tonnes.
- Canada : 3,3 millions de tonnes.
- Émirats arabes unis : 2,7 millions de tonnes.
- Bahreïn : 1,6 million de tonnes.
- Australie : 1,5 million de tonnes.
- Norvège : 1,3 million de tonnes.
- Brésil : 1,2 million de tonnes.
- Malaisie : 1,1 million de tonnes.
Quant à l’Iran, sa production annuelle tourne autour de 560 000 tonnes, ce qui la place en dehors du peloton des grands producteurs. Toutefois, sa position géographique lui confère une influence disproportionnée : tout incident régional peut affecter l’énergie et le transit maritime, et donc l’approvisionnement mondial.
Les principaux pays exportateurs (valeur)
Sur la base des dernières données disponibles pour 2024, voici le classement des plus gros exportateurs d’aluminium non travaillé et non allié, mesurés en valeur des exportations :
- Canada : 4 776 millions de dollars.
- Inde : 3 503 millions de dollars.
- Australie : 3 291 millions de dollars.
- Malaisie : 1 874 millions de dollars.
- Islande : 1 704 millions de dollars.
- Pays-Bas : 1 615 millions de dollars.
- Afrique du Sud : 1 378 millions de dollars.
- Mozambique : 1 116 millions de dollars.
- Indonésie : 827,3 millions de dollars.
- Brésil : 693,5 millions de dollars.
Exportations dans le monde arabe
Dans le monde arabe, les principaux pays exportateurs d’aluminium en 2024, mesurés en valeur, sont :
- Bahreïn : 639,7 millions de dollars.
- Arabie saoudite : 581 millions de dollars.
- Oman : 577,6 millions de dollars.
- Égypte : 186,6 millions de dollars.
- Maroc : 42,1 millions de dollars.
Les plus gros importateurs mondiaux
Du côté de la demande, les dix premiers pays importateurs d’aluminium en 2024 (par valeur des importations) sont :
- États-Unis : 6 milliards de dollars.
- Chine : 5 208 millions de dollars.
- Corée du Sud : 2 864 millions de dollars.
- Turquie : 2 695 millions de dollars.
- Japon : 2 632 millions de dollars.
- Allemagne : 1 993 millions de dollars.
- Italie : 1 704 millions de dollars.
- Pays-Bas : 1 667 millions de dollars.
- Malaisie : 1 319 millions de dollars.
- Thaïlande : 921,4 millions de dollars.
Importations dans le monde arabe
Les principaux pays arabes importateurs d’aluminium non travaillé et non allié en 2024 sont :
- Arabie saoudite : 59,1 millions de dollars.
- Bahreïn : 37,8 millions de dollars.
- Égypte : 35,9 millions de dollars.
- Jordanie : 17,4 millions de dollars.
- Koweït : 5,6 millions de dollars.
En résumé, la pression exercée par le conflit autour de l’Iran se répercute sur l’aluminium mondial non pas parce que l’Iran est un géant de la production, mais parce que le Golfe concentre une part essentielle des capacités énergétiques, logistiques et industrielles nécessaires à ce secteur. Si les perturbations du gaz et du trafic maritime se prolongent, le marché risque de passer d’une simple hausse des coûts à une pénurie effective d’approvisionnements pour les grands marchés importateurs.