Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur, déclenchant des scènes de liesse à Beyrouth où des coups de feu de célébration ont retenti peu après minuit. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des habitants ont tiré en l’air pour marquer l’entrée en vigueur de la trêve, dans une atmosphère mêlant soulagement et prudence.
L’annonce a été faite jeudi par le président américain Donald Trump, qui a confirmé que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, était également inclus dans l’arrêt des hostilités. Cette trêve intervient après des semaines de tensions et d’affrontements entre le mouvement libanais et l’armée israélienne.
À travers le pays, la nuit a été marquée par des scènes de joie. À Beyrouth, mais aussi dans plusieurs régions du Liban, des habitants ont célébré l’annonce, tandis que des familles déplacées ont commencé à prendre la route vers le sud du pays et vers les banlieues sud de la capitale. Les autorités leur avaient pourtant demandé d’attendre de savoir si le cessez-le-feu tiendrait réellement avant de rentrer chez eux.
Dans le même temps, l’armée libanaise a affirmé vendredi matin qu’Israël avait violé la trêve quelques heures seulement après son entrée en vigueur, évoquant des tirs intermittents contre plusieurs villages du sud du Liban. L’armée israélienne n’avait pas, dans l’immédiat, réagi à ces accusations.
Le Hezbollah revendique ses dernières opérations
Le Hezbollah a publié un long communiqué dans lequel il détaille les opérations militaires menées contre Israël tout au long de la journée de jeudi. Le mouvement affirme avoir lancé sa dernière attaque à 23h50, heure locale, soit dix minutes avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Peu après, Donald Trump a appelé le Hezbollah à respecter la trêve. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, il a dit espérer que le mouvement “se comporte bien” durant cette période, estimant que ce serait “un grand moment” pour lui s’il le faisait. Il a également insisté sur la nécessité de mettre fin aux combats.
Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent depuis le 2 mars, date à laquelle le mouvement libanais, allié de Téhéran, est entré dans le conflit en soutien à l’Iran. Cette implication a provoqué une offensive israélienne au Liban, quinze mois après le dernier grand affrontement entre les deux voisins.
Réactions prudentes à Beyrouth et à l’étranger
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a expliqué avoir accepté le cessez-le-feu afin de faire avancer les efforts de paix avec le Liban, tout en précisant que les troupes israéliennes ne se retireraient pas d’une “zone de sécurité” située à l’intérieur du territoire libanais.
À Beyrouth, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a salué l’annonce, la décrivant comme “une revendication centrale du Liban, poursuivie depuis le premier jour de la guerre”. Il a ajouté qu’il s’agissait de l’objectif principal de la réunion tenue mardi aux États-Unis entre des responsables libanais et israéliens.
Donald Trump a également invité les dirigeants d’Israël et du Liban à la Maison Blanche pour ce qu’il a présenté comme les “premiers véritables pourparlers” entre les deux pays depuis 1983. Dans le même temps, le ministère iranien des Affaires étrangères a salué le cessez-le-feu, affirmant qu’il s’inscrivait dans un accord plus large avec les États-Unis visant à suspendre la guerre régionale.
Plusieurs pays arabes, dont le Qatar, la Jordanie et Bahreïn, ont eux aussi accueilli favorablement l’arrêt des combats entre Israël et le Liban. Sur le terrain, toutefois, l’incertitude demeure, alors que les premières heures de la trêve sont déjà entachées par des accusations de violations.