La République de Cuba traverse une grave crise énergétique déclenchée par la suspension des livraisons de pétrole brut en provenance du Venezuela, après l’enlèvement, le 3 janvier, par des militaires américains du président vénézuélien Nicolás Maduro, un allié des autorités cubaines. Cette situation est décrite comme une « asphyxie » économique et sociale, avec des coupures d’électricité plus fréquentes et des files d’attente qui s’allongent devant les stations-service. Les autorités cubaines ont informé les compagnies aériennes que l’avitaillement en kérosène serait suspendu pour un mois, ce qui complique les vols et les opérations intérieures. Le coup d’arrêt, en période de négociations avec certains partenaires pétroliers, souligne la dépendance du pays vis‑à‑vis d’un approvisionnement vulnérable et les pressions qui pèsent sur l’économie.
Le Mexique a annoncé, dimanche, l’envoi à bord de deux navires de sa marine nationale de plus de 814 tonnes de vivres destinées à la population cubaine. Cette assistance intervient à un moment où le pays continue de négocier une éventuelle livraison de pétrole à Cuba sans être sanctionné par les États‑Unis. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a précisé que les cargaisons incluaient des denrées variées et qu’elles devaient arriver dans quatre jours. L’opération met en lumière les liens régionaux dans une période marquée par des tensions sur l’énergie et les sanctions économiques.
Les cargaisons comprennent du lait liquide et en poudre, des produits carnés, des biscuits, des haricots, du riz et des articles d’hygiène personnelle. La majeure partie de l’aide, soit 536 tonnes, est à bord du Papaloapan, le reste se trouvant sur l’Isla Holbox. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que plus de 1 500 tonnes de lait en poudre et de haricots restaient encore à embarquer. Les livraisons doivent permettre d’apporter un soutien immédiat à des familles confrontées à des pénuries et à une inflation alimentée par la rareté des ressources.
Le contexte politique autour de la crise est également marqué par des déclarations de figures étrangères. Le 2 février, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé que le Mexique, qui livre du pétrole à Cuba depuis 2023, cessera cette assistance. La veille, Claudia Sheinbaum avait annoncé son intention d’envoyer de l’aide humanitaire et cherchait un moyen de poursuivre les livraisons pétrolières. Ces échanges reflètent les tensions dans les relations régionales autour du pétrole et de l’impact sur l’île. La situation est suivie de près par les autorités cubaines qui invoquent des mesures de sécurité énergétique.
Face à la pénurie et à l’incertitude des livraisons, l’avitaillement en kérosène destiné à l’aviation a été suspendu pour un mois à compter de lundi minuit. Les compagnies aériennes desservant Cuba devront effectuer une escale technique pour assurer le ravitaillement en carburant, et les vols long‑courriers seront les plus affectés. Les liaisons régionales devraient toutefois pouvoir se poursuivre normalement. Air France a confirmé que sa liaison vers La Havane se maintenait, avec une escale technique prévue dans un autre pays des Caraïbes.
Face à cette crise, le gouvernement cubain a annoncé une série de mesures d’urgence visant à préserver l’énergie et les ressources. Une semaine de travail de quatre jours et le télétravail dans les administrations et les entreprises d’État ont été institués, en parallèle de restrictions sur les ventes de carburant. Des réductions des services de bus et de trains entre les provinces et la fermeture de certains établissements touristiques ont été décrétées. Des ajustements dans l’éducation, avec des journées de cours allégées et une accessibilité semi‑présentielle des universités, visent à économiser le carburant et à préserver les activités qui génèrent des devises.
Ces mesures doivent permettre d’économiser du carburant afin de favoriser la production de nourriture et d’électricité tout en protégeant les activités économiques essentielles. Le gouvernement insiste sur l’importance de préserver les ressources qui soutiennent les devises indispensables à l’économie.