Frédérick Q., un homme décrit par plusieurs investigations comme un escroc itinérant, a accumulé des victimes sur plus d’une décennie. Selon Radio France, trente victimes ont été répertoriées, certaines en 2025 et 2026, grâce à l’enquête publiée en début d’année et enrichie par de nouveaux témoignages. L’escroc, qui change d’identité et de numéro de téléphone, agit en s’appuyant sur la confiance et la solidarité apparente. Les victimes évoquent un mode opératoire sophistiqué, mêlant assistance et deception, jusqu’à des disparitions avec des rançons variées.
Frédérick Q., figure d’une arnaque itinérante selon Radio France
La cellule investigation de Radio France a décrit cet homme comme présentant bien et ayant facilité l’enchaînement des dossiers: des dizaines de plaintes entre 2022 et aujourd’hui, et une estimation officielle d’une trentaine de victimes, potentiellement davantage. Des témoignages récents évoquent des épisodes en décembre 2025 et janvier 2026, diffusés au moment même de l’enquête. Les faits seraient remontés à 2011, avec une première relation significative qui durerait onze ans sous une fausse identité.

Mode opératoire et impacts sur les victimes
Le mode opératoire est décrit comme similaire d’une affaire à l’autre: s’immiscer dans la vie de personnes isolées et ayant besoin d’une aide quelconque. Gagnant rapidement leur confiance, il s’installe chez eux ou à proximité… et finit par disparaître avec de l’argent et – parfois – un véhicule. Une exploitante agricole vivant dans le sud-ouest raconte à BFMTV : « J’avais besoin de travaux dans notre maison et il nous a proposé de rester pour nous aider. […] Il est rapidement devenu indispensable », insiste-t-elle. Aussi, lorsque Frédérick Q. lui indique devoir aider un ami dans le nord de la France, on lui prête une voiture… que ses victimes ne reverront pas. Il leur a aussi dérobé une carte bancaire, et retiré 300 euros.
« On lui donnerait le bon dieu sans confession, c’est un acteur formidable », témoigne une personne qui a croisé sa route. Des témoignages de plusieurs victimes abondent, décrivant une capacité à convaincre et à se fondre dans des contextes variés, allant d’un quotidien appellé à des situations plus complexes.
Mi-2023, il cumule plusieurs opérations: 600 euros chez Cathy dans le Haute-Loire, 15 000 euros chez Mathilde en Nouvelle-Aquitaine, puis 1 200 euros chez Stéphanie dans les Hautes-Pyrénées. Des épisodes sur la route de Compostelle, où il dépouille des pèlerins, et d’autres faits signalés par les médias locaux, soulignent la constance du schéma de vol sur divers territoires.
« À aucun moment, il n’a fait un faux pas, se rappelle une victime. C’était bien amené, son histoire était cohérente. Il est vraiment doué, il distille des anecdotes chaque jour. Pas comme quelqu’un qui vous bourre la tête pendant des heures… » — selon une victime.
Procès, cavale et recherches des forces de l’ordre
Arrêté en 2023, il est ensuite relâché et n’était pas présent à son procès prévu en juin 2025, au cours duquel il était condamné à deux ans de prison ferme pour escroquerie. Un mandat d’arrêt a alors été délivré contre celui qui est désormais en cavale, mais qui continue de sévir selon les autorités. Concédant qu’il faut bien « prioriser » les dossiers selon leur gravité, le colonel de la gendarmerie du Gard Emmanuel Casso assure à Radio France que « le suspect est recherché par plusieurs gendarmeries dans différents départements, à la suite du dépôt de plusieurs plaintes, et qu’elles échangent entre elles des informations pour le localiser ».