Jour 27 de la guerre US-Israël contre l’Iran : les frappes s’intensifient et se multiplient, les messages politiques restent contradictoires, et les répercussions économiques se font déjà sentir. Des correspondants sur place signalent une montée en intensité des attaques, tandis que Washington affirme qu’un canal de négociation existe et que Téhéran le nie catégoriquement.
Attaques et ripostes en Iran
Selon des journalistes basés à Téhéran, les frappes attribuées aux forces américaines et israéliennes augmentent tant en nombre qu’en intensité. Israël a revendiqué des frappes majeures dans la région centrale d’Ispahan, tandis que des raids se sont multipliés sur plusieurs sites à travers le pays.
Les médias iraniens ont fait état de victimes civiles : deux adolescents ont été tués lors d’une frappe contre une zone résidentielle dans une localité du comté de Chiraz.
Parallèlement, un haut responsable militaire américain a affirmé que les forces US avaient ciblé près des deux tiers des installations iraniennes de production de missiles et de drones, ce qui, selon Washington, réduit significativement les capacités balistiques et opérationnelles de Téhéran.
Le gouvernement iranien a rejeté l’idée d’ouvrir des négociations pour l’heure, privilégiant une posture de « résistance », a confirmé le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Téhéran a aussi lancé un avertissement sur le risque d’occupation d’une de ses îles par un État régional non nommé, signalant une montée des tensions dans la zone maritime.
Tactiques et leviers iraniens
Face aux bombardements, la République islamique cherche à exploiter ses atouts géopolitiques. Le détroit d’Hormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce pétrolier mondial, reste de facto perturbé.
Des responsables et analystes estiment que la fermeture effective du détroit confère à Téhéran une force de négociation considérable. En ce sens, le parlement iranien prépare un projet de loi visant à instaurer la perception de péages et de droits de passage pour les navires et pétroliers traversant le détroit, en traitant l’axe comme un corridor de transit réglementé.
Tensions dans le Golfe
- Au Koweït, les autorités affirment avoir arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah et d’un projet d’attentats dans l’émirat.
- En Arabie saoudite, des systèmes de défense aérienne ont intercepté et détruit plusieurs drones visant la province orientale, siège majeur des installations pétrolières du royaume.
- À Bahreïn, un incendie s’est déclaré dans une installation de la gouvernorat de Muharraq, qualifié par le ministère de l’Intérieur d’« agression iranienne ».
- Les Émirats arabes unis déclarent que leurs défenses aériennes ont repéré et neutralisé des missiles et drones en provenance d’Iran.
Ces incidents illustrent l’extension du conflit au-delà des seules frontières iraniennes et israéliennes, avec un risque accru d’escalade régionale.
Position et discours américains
Le président américain affirme que des pourparlers auraient lieu et suggère que les dirigeants iraniens souhaiteraient conclure un accord, sans toutefois l’avouer publiquement par crainte de réactions internes. Le ton de Washington est toutefois double : la Maison Blanche a prévenu qu’elle était prête à « déchaîner l’enfer » si Téhéran refusait un accord mettant fin aux hostilités.
Pour des experts militaires, la rhétorique américaine vise autant à envoyer un message de dissuasion qu’à préparer l’opinion internationale ; certains observateurs soulignent que le flou volontaire dans les menaces est destiné à convaincre le régime iranien de la capacité réelle à frapper plus durement.
Front israélien et ripostes iraniennes
Sur le front israélien, l’armée a signalé la détection successive de salves de missiles en provenance d’Iran, avec des tirs visant le centre et le nord du pays. Des groupes alliés à Téhéran, notamment le Hezbollah, ont également multiplié les tirs de roquettes dans le nord d’Israël.
Ces échanges ont poussé l’armée israélienne à intensifier ses opérations, y compris des incursions terrestres dans le sud du Liban, où des combats au sol persistent avec des forces du Hezbollah.
Irak et Liban : poussée de tensions
Les pays du Golfe et la Jordanie ont appelé l’Irak à empêcher depuis son territoire les attaques menées par des milices pro-iraniennes. La pression diplomatique vise à réduire les vecteurs d’expansion du conflit.
Au Liban, les troupes israéliennes ont franchi la frontière et sont engagées dans des combats avec le Hezbollah. Le secrétaire général du mouvement, Naim Qassem, a déclaré que le groupe se considère désormais en guerre contre les États-Unis et Israël et qu’il fera tout pour défendre le sol libanais.
Impact sur les marchés : pétrole et alimentation
Sur les marchés internationaux, le pétrole a grimpé face à l’affaiblissement des perspectives d’apaisement, renforcé par les perturbations autour du détroit d’Hormuz. Les dégâts aux infrastructures et la menace sur les routes maritimes contribuent à une prime de risque substantielle.
Les spécialistes avertissent aussi d’une conséquence moins visible mais potentiellement plus grave : des chocs d’approvisionnement alimentaire. Certains analystes estiment que la guerre risque d’avoir un impact sur la sécurité alimentaire mondiale supérieur à celui de l’invasion de l’Ukraine en 2022, en raison des perturbations logistiques et des hausses de prix induites.
Perspectives
À l’heure actuelle, les lignes de combat demeurent actives et les initiatives diplomatiques semblent insuffisantes pour stopper l’escalade. Tandis que l’usage de la force continue de remodeler la géopolitique régionale, les conséquences économiques et humanitaires se font déjà ressentir bien au-delà du Moyen-Orient.