Au niveau national, le ministère de l’intérieur décrit les chiffres de la délinquance comme « contrastés ». En Indre-et-Loire, à l’exception d’une baisse des vols et des cambriolages, les données répertoriées par la préfecture montrent une hausse parfois nette et, surtout, régulière par rapport à la moyenne nationale.
Par exemple, 2 387 faits de violences physiques au sein de la famille en 2025, soit environ 6 par jour, +6,3 % en un an et, sur les dix dernières années, une progression moyenne de +12,3 %. Même tendance pour les violences physiques hors cadre familial : +5,8 % et près de 2 000 faits signalés à la police ou à la gendarmerie. Cette dynamique témoigne d’un état des lieux régional marqué.
1 435 plaintes pour violences sexuelles, +8,8 % avec 2,3 faits pour 1 000 habitants, contre 1,9 au niveau national.
« C’est une forte augmentation et c’est préoccupant, sans que l’on puisse trouver de facteur spécifique à ce département pour l’expliquer », commente le préfet d’Indre-et-Loire, Thomas Campeaux. La procureure, Catherine Sorita-Minard, précise : « Il y a tout un accompagnement vers la plainte qui s’est développé dans ce département, il faut mettre ça au crédit des associations qui se mobilisent ». En clair, la hausse des violences intrafamiliales ou sexuelles s’explique en partie par une libération de la parole qui pousse de plus en plus de victimes à signaler les faits. Les autorités notent également que les violences psychologiques, et bientôt économiques, entrent désormais dans le champ des faits pris en compte par les forces de l’ordre. Néanmoins, elles admettent que la hausse reflète aussi une augmentation des faits, malgré les efforts de prévention, ce qui n’est pas rassurant.
En parallèle, on constate pour 2025 4 103 plaintes pour destructions et dégradations volontaires, un chiffre qui stagne et est inférieur à la moyenne nationale. L’an dernier en Touraine, 1 334 personnes ont été mises en cause pour usage de stupéfiants, soit une nette progression de 17,5 % en un an. 202 personnes ont été interrogées pour trafic, soit +31 % par rapport à 2024 : « On a fait par exemple une vingtaine d’interpellations groupées », commente le préfet, rappelant que ce type de délit ne se cantonne plus aux grandes villes.
Pour poursuivre la lutte en 2026, les autorités comptent sur les dispositions de la dernière loi contre le narcotrafic votée au Parlement. Elles prévoient également le déploiement, au sein de la police tourangelle, d’un détachement dédié au renseignement.
Autres axes : poursuivre la lutte contre l’usage du protoxyde d’azote dit gaz hilarant, dont les méfaits sont reconnus mais qui reste très populaire auprès des jeunes. En revanche, l’action contre les bagarres entre bandes va être suspendue car elle semble avoir porté ses fruits avec une raréfaction des faits. 2 000 élèves avaient été spécifiquement sensibilisés ces derniers mois.