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    Impact de l’invasion ukrainienne sur la stratégie militaire russe

    Impact de l’invasion ukrainienne sur la stratégie militaire russe

    Les opérations d’évacuation des civils se poursuivent dans les zones frontalières entre la Russie et l’Ukraine, parallèlement à l’annonce de l’état d’urgence fédérale dans la région de Bélgorod, en raison de ce que son gouverneur, Viacheslav Gladkov, qualifie de « situations difficiles ». Dans ce contexte, les troupes russes se livrent à des combats acharnés avec leurs homologues ukrainiens sur plusieurs fronts pour freiner leur avancée et les forcer à reculer des zones récemment prises.

    Course contre la montre

    Le ministère russe de la Défense a annoncé hier, jeudi, avoir utilisé des missiles, des drones et des frappes aériennes pour reprendre le contrôle de la ville de Kroubits, dans la région de Koursk, après qu’elle ait été capturée par les forces ukrainiennes plus tôt. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une « lutte contre le terrorisme » touchant également la Belgorod, Briansk et Koursk, des régions limitrophes de l’Ukraine.

    Cette situation représente un nouveau chapitre des conséquences de l’incursion terrestre surprise menée par Kyiv le 6 août de cette année en profondeur, à 20 km dans Koursk sur environ 40 km de large, considéré comme la première grande incursion militaire étrangère dans le territoire russe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Répercussions stratégiques

    Située à environ 40 km de la frontière ukrainienne, la région de Belgorod voit les forces russes se battre contre la montre pour rétablir l’ordre précédent à la suite de l’intrusion ukrainienne, en tentant de reprendre le contrôle des territoires perdus. Dans le même temps, des discussions émergent sur la nature de la « riposte russe » qui pourrait s’accompagner des opérations pour contrer l’avancée ukrainienne.

    En parallèle, des débats se font entendre au sujet de l’éventualité d’une nouvelle vague de mobilisation à Moscou, en raison des combats dans la région de Koursk. La semaine dernière, l’agence Bloomberg, citant des sources proches du Kremlin et du ministère de la Défense, a rapporté qu’une telle mobilisation pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année. Selon une de ses sources, cela serait présenté à l’opinion publique comme un roulement des militaires sur les lignes de front.

    Impact occidental

    En réponse, la chaîne Telegram russe « la guerre contre la désinformation » a qualifié les articles de Bloomberg de « mensonges » et d’une narration servant la propagande ukrainienne, affirmant que le renouvellement des forces armées russes est effectué avec des soldats sous contrat et que leur nombre est suffisant.

    Le président de la commission de la Douma de défense, Andreï Kartapolov, a démenti la nécessité d’une mobilisation en réponse aux événements à Koursk, affirmant qu’il y a « suffisamment de combattants sur le front ». Son adjoint, Alexeï Gouravlev, a cependant ajouté qu’il était « nécessaire de préparer un réservoir de mobilisation, pas pour la guerre avec l’Ukraine, mais pour faire face à l’Occident ».

    Cible des opérations militaires

    Selon l’analyste militaire Iouri Kounotov, l’attaque sur Koursk a été réalisée en coordination avec des entités occidentales, soulignant qu’elle ne pourrait se produire sans le soutien des services de renseignement et des technologies occidentales. Dans un commentaire pour Al Jazeera, Kounotov a affirmé que l’incursion ukrainienne « ne restera pas sans une réponse sévère que le monde entier doit voir ». Il ne serait pas surprenant que « la revanche russe » vise le ministère de la Défense et les services de renseignement ukrainiens, notant qu’il existe à Kyiv de nombreux objectifs « qu’il serait possible et nécessaire de frapper ».

    Risques nucléaires

    Par ailleurs, l’analyste en affaires internationales, Dmitri Kim, a souligné que des mesures de sécurité rapides sont nécessaires pour faire face aux dangers d’une attaque ukrainienne qui menace directement la centrale nucléaire de Koursk, située à moins de 50 km des zones de combats. Il a averti qu’il y a un risque réel de frappes et de provocations de la part de l’armée ukrainienne à l’encontre de la centrale, loin d’être un simple coup médiatique ou un transfert temporaire des combats sur le sol russe.

    Kym a soutenu que les forces ukrainiennes n’effectueraient jamais une opération offensive significative vers Belgorod ou Koursk, car elles « craignent » de s’engager avec les troupes russes dans ces zones, ainsi que les répercussions russes. Il a qualifié les déclarations concernant une proche attaque sur Koursk et Belgorod de pure propagande, ajoutant que Kyiv tentera d’organiser des « attaques de sabotage », mais ne dispose pas de la force nécessaire pour aller au-delà.

    Priorisation des cibles

    À son avis, la réponse russe privilégiera les cibles ayant une valeur stratégique élevée, car il serait « insensé de dépenser des missiles coûteux sur certains bureaux gouvernementaux ».

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