Au Canada, une réforme majeure se profile pour intégrer les artistes au régime d’assurance-emploi. Ce changement vise à adapter la protection sociale aux réalités du travail artistique, souvent autonome, contractuel et intermittent, afin de garantir une meilleure sécurité économique à ce secteur essentiel de la culture nationale.
Un engagement en faveur d’une protection sociale modernisée
L’élection de Mark Carney a mis en lumière une priorité nationale : la protection de la souveraineté et la sécurité économique, politique, territoriale et culturelle du Canada. Dans ce contexte, la 45e législature du Parlement doit impulser une refonte sociale plus équitable, refusant que la majorité soit sacrifiée au profit d’une élite fortunée.
Parmi les engagements du Parti libéral, un point mérite une attention particulière : l’amélioration du système d’assurance-emploi pour qu’il s’adapte aux nouvelles formes de travail en offrant un soutien flexible et fiable, et ce, dans l’année à venir.
Les artistes : exclus d’un système inadapté
Depuis plusieurs décennies, notamment accentuées par la pandémie, la question de l’inclusion des travailleurs hors des cadres traditionnels, comme les artistes, revient régulièrement. Ceux-ci sont souvent exclus du régime d’assurance-emploi en raison d’un statut non reconnu et d’un mode de travail intermittent et autonome. Cette situation crée une vulnérabilité économique persistante, fragilisant la relève artistique et la vitalité culturelle du pays.
Faute de compensation pour les pertes de revenus inévitables dans leur activité, de nombreux artistes se retrouvent contraints de rivaliser pour obtenir des subventions à la création et à la production. Ces aides deviennent alors une condition de survie économique, aggravant détresse psychologique et sentiment d’échec, tout en allant à l’encontre d’un développement durable équilibré entre offre et demande.
L’importance d’un régime d’assurance-emploi adapté
L’inscription explicite des artistes et des travailleurs culturels autonomes parmi les bénéficiaires d’un régime d’assurance-emploi rénové est cruciale. Elle profite non seulement aux concernés, mais aussi à la société dans son ensemble, qui mérite une vitalité culturelle ancrée dans ses valeurs, portée par la diversité de ses créateurs et accessible à travers tout le territoire canadien.
Un budget axé sur la culture et le soutien aux créateurs
Le nouveau gouvernement devra très vite présenter un budget qui traduise ses priorités culturelles. Lors du débat des chefs en français, Mark Carney a souligné l’importance de la culture dans l’avenir du pays. Le cadre fiscal du Parti libéral prévoit ainsi un financement de près de 130 millions d’euros pour CBC/Radio-Canada, ainsi qu’une augmentation des fonds pour le Conseil des arts du Canada, Téléfilm, le Fonds des médias et l’Office national du film, en reconnaissance du rôle majeur des créateurs et des industries culturelles.
En amont des élections, Steven Guilbeault, ministre responsable de Patrimoine canadien, s’est engagé à accroître de près de 121 millions d’euros le budget du Conseil des arts du Canada, tout en promettant de travailler étroitement avec le secteur pour instaurer un filet social adapté.
Une réforme complexe mais indispensable
La révision du régime d’assurance-emploi ne pourra toutefois pas être intégrée dès le premier budget. Ce chantier requiert des consultations approfondies avec d’autres secteurs où les formes d’emploi atypiques sont monnaie courante. Il est essentiel que l’engagement de lancer ce processus dans l’année soit respecté, pour éviter une réforme superficielle ou un effet d’annonce sans impact réel.
Le contexte géopolitique instable pourrait détourner l’attention du gouvernement, rendant la mobilisation constante des acteurs culturels et des institutions civiles d’autant plus vitale. Cette union est la meilleure garantie pour ne pas rater ce rendez-vous historique avec la justice sociale et culturelle.
Prendre en compte la diversité des pratiques artistiques
Les conditions de travail des artistes varient grandement selon leurs disciplines, modes de création, production, présentation des œuvres et présence d’ententes collectives. Par exemple, le quotidien d’un écrivain diffère de celui d’un comédien ou d’un artiste visuel. La réforme devra refléter cette diversité sans que sa complexité ne freine l’action.
Le milieu culturel, incluant artistes, groupes et employeurs, doit s’unir pour garantir la pérennité et le bien-être de ses forces vives. Ce soutien doit aussi être étendu par des acteurs externes comme les chambres de commerce, universités, et réseaux éducatifs et sanitaires.
Il s’agit en définitive de protéger ceux qui chaque jour créent et transmettent les récits qui unissent et définissent la société canadienne, lui offrant inspiration et espoirs pour un avenir commun.