En 1968, l’affaire Markovic éclate en France, mêlant l’acteur Alain Delon à un scandale d’État qui marquera durablement l’histoire médiatique du pays. Philippe Brunel revisite cette énigme à travers un roman singulier, offrant une lecture nouvelle et captivante de cet événement.
L’affaire Markovic : un fait divers devenu scandale d’État
Le 1er octobre 1968, le corps de Stefan Markovic, garde du corps d’Alain Delon, est découvert dans une décharge publique. Deux jours plus tard, alors que le tournage du film La Piscine bat son plein à Saint-Tropez, deux inspecteurs se présentent à la villa de l’acteur pour l’interroger sur la disparition de son employé. Ce fait divers, extrêmement médiatisé, se transforme rapidement en un scandale d’État, notamment lorsque l’épouse de l’ancien Premier ministre Georges Pompidou est mise en cause, accusée d’être la cible de chantage de la part de Markovic, qui détiendrait des photographies compromettantes la montrant lors d’une partie fine.
« Le Cercle des obligés » : le roman de Philippe Brunel
Dans Le Cercle des obligés, publié aux éditions Grasset au prix de 20,90 euros (version numérique à 15 euros), Philippe Brunel propose sa propre relecture de cette affaire. Plutôt que de prétendre résoudre le mystère, il explore les zones d’ombre entourant l’affaire Markovic, en particulier les soupçons qui pèsent sur Alain Delon et son ami François Marcantoni, figure notable du milieu. Le roman suit un jeune journaliste qui reprend un dossier laissé de côté par un journaliste expérimenté.
Brunel soulève aussi l’hypothèse d’un lien possible entre la mort de Markovic et celle, en 1993, d’Henri Diana, truand reconnu retrouvé mort sur le parking d’une résidence de la presqu’île de Giens. Cette connexion pourrait révéler une clé essentielle d’un des plus grands scandales de la Ve République.
Une approche visuelle et symbolique
Le roman se distingue moins par une enquête policière traditionnelle que par une série d’images fortes et évocatrices. Philippe Brunel semble suggérer que la vérité est là, visible, mais dissimulée dans ces visions troublantes. Parmi elles, la description choc du corps de Markovic : son crâne fracassé, un tampon de ouate ensanglanté placé sur sa bouche, où se trouve également son propre sexe. Cette image marquante joue un rôle central dans la narration et la symbolique du roman.