Diaa al-Agha, une figure emblématique des prisonniers de la bande de Gaza, fait face aux barreaux depuis son jeune âge. À seulement 17 ans, il a été emprisonné pour avoir pris part à une action militante au sein du mouvement de libération national palestinien, Fatah, et pour avoir causé la mort d'un officier israélien des services de renseignements extérieurs, le Mossad, avec un outil de ferme. Au fil des années de sa détention, il a enduré le décès de son père et de sa sœur sans pouvoir leur dire adieu. Aujourd'hui, Diaa al-Agha, aussi surnommé "le doyen des prisonniers de Gaza", fait partie des 18 prisonniers ayant passé plus de 30 ans derrière les barreaux israéliens et l’un des 25 capturés avant les accords d'Oslo.
De Khan Younus à l'engagement militant
Né à Khan Younus, une zone densément peuplée de la bande de Gaza, le 19 avril 1975, Diaa Zakaria Shaker al-Agha, connu parmi ses camarades sous le nom d’"Abu al-Asir" (père des prisonniers), a grandi dans une famille respectée et renommée. Son engagement politique débute tôt, dès l'âge de 13 ans. À 16 ans, il rejoint les forces "Al-Asifa", affiliées à Fatah, commençant une carrière militante qui s'est cristallisée durant ses études secondaires.
Éducation achevée derrière les barreaux
Arrêté avant de terminer ses études universitaires, Diaa al-Agha a été contraint de poursuivre son éducation dans les geôles israéliennes. Il a obtenu son diplôme en histoire de l'Université Al-Quds Open tout en repassant son baccalauréat à trois reprises.
L'acte qui a bouleversé son destin
À la suite d'une action audacieuse contre le complexe de colonies "Gush Katif" en octobre 1992, qui a entraîné la mort d'un officier d'élite des forces israéliennes, Celui-ci était un des responsables de l’opération d'assassinat de trois leaders palestiniens éminents à Beyrouth en 1973. Cette attaque a intensifié la traque de Diaa al-Agha par l'occupation israélienne qui réussira à l'arrêter le 10 octobre 1992. Deux ans plus tard, la cour militaire israélienne prononcera une sentence de prison à vie.
Promesses non tenues et désillusions post-Oslo
Diaa al-Agha aurait dû être libéré en mars 2014 dans le cadre des négociations palestino-israéliennes, qui ont déjà vu la libération de trois précédentes séries de détenus. Malgré les préparatifs de célébration organisés par sa famille, le gouvernement israélien n'a pas respecté ses engagements et n'a pas libéré les prisonniers de cette dernière phase, annulant tout espoir suscité par les accords d'Oslo et laissant Diaa al-Agha et d'autres dans l'incertitude et le désespoir.
Cet événement dramatique dans la vie de Diaa al-Agha reste un témoignage poignant de l'expérience d'innombrables Palestiniens incarcérés, certains depuis des décennies, dans l'attente d'une liberté qui demeure insaisissable. Le cas d'al-Agha éveille la conscience internationale sur le dilemme des prisonniers politiques et interpelle sur le conflit israélo-palestinien, souvent oublié dans le discours médiatique mondial.