À Davos, Emmanuel Macron a pris la parole mardi 20 janvier pour défendre une Europe plus souveraine et mieux coordonnée face aux pressions économiques étrangères. Il a plaidé pour des « solutions collaboratives » et un « dialogue coopératif » et a estimé que « l’Europe est en retard » dans la compétition mondiale, tout en soulignant les outils commerciaux puissants dont dispose l’Union européenne et la nécessité de les utiliser lorsque ses règles ne sont pas respectées.
À Davos, Macron appelle à plus de coopération européenne et à une souveraineté renforcée
Pour lui, « nous avons besoin de plus de coopération pour construire de nouvelles approches et une souveraineté stratégique et économique plus forte, notamment en Europe » et il faut « pas accepter passivement la loi du plus fort ». Il a aussi plaidé pour que l’Europe utilise ses outils commerciaux très puissants lorsque ses partenaires ne respectent pas les règles, tout en appelant à des solutions « collaboratives » et à un « dialogue coopératif ». Selon lui, « l’Europe est en retard » par rapport à ses concurrents, et il a dénoncé une politique commerciale qui « exige des concessions maximales et vise ouvertement à affaiblir et subordonner l’Europe ». Il a évoqué l’instrument « anti-coercition » de l’Union européenne, décrit comme un « bazooka » en cas de guerre commerciale.

La réponse à Donald Trump: l’arme de la coercition et le rôle du G7
Dans le même cadre, Macron a répété que « les droits de douane entre alliés n’ont pas de sens », réaffirmant la nécessité de protéger la souveraineté européenne alors que le président américain a évoqué des tarifs dans le cadre de ses relations avec l’Europe. Il a dénoncé une « concurrence » qui cherche « ouvertement à affaiblir et subordonner l’Europe » et a averti que « nous passons à un monde sans loi ». L’intervenant a également insisté sur l’idée que « l’Europe a maintenant des outils très puissants et nous devons les utiliser quand elle n’est pas respectée et quand les règles du jeu ne sont pas respectées ». Selon lui, ces outils pourraient être employés pour limiter les importations et les marchés publics lorsque nécessaire, malgré les réticences affichées à Washington.
Plus largement, Macron a rappelé l’attachement de la France et de l’Europe à la souveraineté nationale et à l’indépendance, ainsi qu’à l’ONU et à sa charte. Il a aussi exprimé l’objectif de faire du G7 un « forum pour un dialogue franc » et de privilégier des « solutions collectives et coopératives » face à des enjeux globaux. Cette position s’inscrit dans une vision d’un multilatéralisme réaffirmé, même s’il a souligné les tensions avec les États‑Unis sur la question commerciale et stratégique, notamment dans un contexte où Trump a évoqué des mesures coercitives liées à des dossiers sensibles tel que le Groenland.

Un appel à un cadre renouvelé du multilatéralisme et au rôle du G7
Sur le fond, Macron a réaffirmé que « la France et l’Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l’indépendance, et aux Nations unies et à leur charte », plaidant pour une relance du multilatéralisme. Il a également indiqué vouloir refaire du G7 un « forum pour un dialogue franc » et promouvoir des « solutions collectives et coopératives » pour répondre à des défis économiques et sécuritaires croisés. Au‑delà des échanges à Davos, ces propos traduisent une volonté de positionner l’Europe comme acteur crédible et autonome sur la scène internationale, tout en évitant d’esquiver les désaccords avec les États‑Unis sur les outils et les règles du commerce international.
Au terme de son intervention, Macron a souligné que « l’Europe a maintenant des outils très puissants » et qu’elle doit les mobiliser lorsque les normes et les règles du jeu ne sont pas respectées, tout en rappelant que les ambitions européennes demeurent axées sur l’état de droit et la coopération internationale. La séance, largement axée sur les questions économiques et géopolitiques, s’inscrit dans le cadre du Forum économique mondial et les échanges devraient se poursuivre sur plusieurs dossiers, notamment ceux liés à la sécurité, au commerce et à la gouvernance mondiale.