Le Parlement européen a décidé ce mardi de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États‑Unis, à la suite des dernières menaces en date de Donald Trump. Il y a un « accord majoritaire » des groupes politiques pour geler l’accord commercial conclu l’an dernier entre les États‑Unis et l’UE, a assuré la présidente du groupe S&D, Iratxe Garcia Perez, devant des journalistes. Le PPE a confirmé ce gel des discussions et les débats se poursuivent sur le cadre de cette relation commerciale. Le gel empêche la ratification et son application, une mesure qui fait l’objet de multiples interprétations au sein des blocs politiques.
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Contexte et portée de l’accord UE–États‑Unis
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Conclu à l’été, l’accord prévoyait des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes vers les États‑Unis, mais leur suppression pour les exportations américaines vers l’Union européenne. Les deux puissances avaient également décidé de lever réciproquement leurs droits de douane sur certains produits stratégiques, dont les équipements aéronautiques. Bruxelles s’engageait aussi à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergies américaines sur trois ans et à réaliser 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États‑Unis.
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Réactions des groupes au Parlement
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Selon les groupes, il y a un accord majoritaire pour geler l’accord. « Nous pensons que c’est une erreur », a indiqué Nicola Procaccini, coprésident du groupe ECR. Contrairement au groupe des Patriotes, présidé par l’eurodéputé Jordan Bardella, favorable à la « suspension » de cet accord. C’est désormais le « rapport de forces » qui s’impose face aux États‑Unis de Donald Trump, a jugé Bardella devant les eurodéputés. Le gel des discussions au sein du Parlement européen empêche la ratification et donc son application. Le recours à ce que certains ont surnommé le « bazooka » économique européen est en revanche soutenu par les autres familles politiques du Parlement européen.
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Prochaines étapes et divergences
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Les eurodéputés demeurent largement unis sur le principe du gel, mais se montrent plus timides sur les mesures envisagées en fonction des menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland. Le PPE appelle à la « désescalade » et refuse la mise en œuvre du mécanisme européen anticoercition; l’ECR et d’autres familles politiques adoptent des positions variées, ce qui maintient l’accord en suspens et alimente les discussions entre les deux blocs.
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