L’Agence internationale de l’énergie atomique a mis en garde jeudi contre le risque d’un grave accident radiologique si la centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud de l’Iran, venait à être touchée. Son directeur général, Rafael Grossi, a averti que tout dommage infligé à cette installation pourrait avoir des conséquences bien au-delà des frontières iraniennes.
Dans une publication diffusée par l’agence onusienne sur le réseau X, Grossi a exprimé sa vive préoccupation face aux frappes militaires répétées signalées à proximité du site nucléaire, la dernière en date ayant été rapportée mardi soir. Il a appelé à une retenue maximale afin d’éviter une escalade susceptible de provoquer un incident nucléaire majeur.
Le patron de l’AIEA a également insisté sur la nécessité de respecter, en temps de conflit, les sept piliers essentiels de la sûreté et de la sécurité nucléaires. Selon lui, la protection des installations nucléaires doit rester une priorité absolue, même dans un contexte de tensions militaires croissantes.
Téhéran accuse Washington et Israël
Mardi, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a accusé les États-Unis et Israël d’avoir visé la centrale de Bushehr. Dans un communiqué, elle a affirmé qu’un projectile était tombé dans l’enceinte du site sans causer de dégâts matériels, techniques ni de victimes.
L’AIEA a confirmé avoir été informée par l’Iran de la chute d’un projectile sur le terrain de la centrale, tout en renouvelant son appel à la retenue. L’agence a aussi indiqué la semaine dernière qu’un autre projectile avait frappé le site sans endommager les infrastructures ni faire de blessés.
La Russie dénonce une frappe « irresponsable »
La Russie, qui a construit la centrale et dont des experts y travaillent encore, a condamné l’attaque en la qualifiant d’« irresponsable ». Moscou suit de près l’évolution de la situation, alors que les inquiétudes grandissent autour des installations nucléaires iraniennes.
L’AIEA a par ailleurs indiqué lundi que Rafael Grossi avait échangé par téléphone avec Alexeï Likhachev, directeur général de Rosatom, à la suite de rapports jugés préoccupants sur des activités militaires près de la centrale. Les deux responsables ont partagé des informations sur les derniers développements.
Une infrastructure clé pour l’Iran
L’agence internationale a réaffirmé qu’aucune action militaire ne devait mettre en danger la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. Elle a souligné qu’il fallait permettre aux personnels de ces sites d’accomplir leurs missions essentielles dans un environnement sûr.
Située dans le sud de l’Iran, Bushehr est la seule centrale nucléaire en activité dans le pays. Sa capacité de production atteint 1 000 mégawatts, soit une contribution limitée mais stratégique au réseau électrique iranien.