Le Sénégal a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour contester la décision de la Confédération africaine de football (CAF) qui a retiré la victoire en finale de la CAN au pays et attribué le titre au Maroc, a confirmé mercredi le tribunal basé en Suisse.
L’objet de l’appel
Le TAS a annoncé la réception d’un recours déposé par la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre la CAF et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF).
Selon la FSF, l’appel vise à annuler la décision de la CAF et à faire reconnaître le Sénégal comme vainqueur de la compétition. La CAF avait, le 17 mars, donné suite à la requête marocaine en estimant que le Sénégal avait enfreint le règlement en quittant le terrain.
À la suite de cette décision, la CAF a prononcé la forfaiture du Sénégal, transformant le succès sénégalais 1-0 en une défaite 3-0 et déclarant le Maroc champion.
Rappel des faits de la finale
La finale, jouée le 18 janvier, a basculé dans les derniers instants du temps réglementaire lorsqu’un penalty controversé a été accordé au Maroc après une intervention du VAR.
L’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala a sifflé la faute à la suite d’un contrôle vidéo sur un duel entre El Hadji Malick Diouf et Brahim Díaz. En réaction, plusieurs joueurs sénégalais ont quitté le terrain et des supporters ont tenté d’envahir la pelouse.
Après un arrêt de près de vingt minutes et l’intervention de Sadio Mané pour convaincre ses coéquipiers de revenir, le tir au but de Díaz a été repoussé. En prolongation, Pape Guèye a marqué et offert au Sénégal une victoire 1-0, sa deuxième CAN après 2022.
Réactions et suite
La FRMF a expliqué, en réagissant à la décision de la CAF, qu’elle ne contestait pas la performance sportive des équipes, mais demandait simplement l’application du règlement de la compétition.
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a rappelé le droit des fédérations africaines à saisir le TAS et assuré que l’instance continentale respecterait la décision prise par le tribunal arbitral.
De son côté, Matthieu Reeb, directeur général du TAS, a indiqué que la procédure d’arbitrage serait menée « aussi rapidement que possible » tout en garantissant le droit de chaque partie à une audience équitable.
Au lendemain de la finale, le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait condamné les « scènes inacceptables » provoquées par certains joueurs sénégalais.
Calendrier et implications sportives
Alors que la procédure devant le TAS suit son cours, les deux sélections restent actives sur le plan sportif avec des rencontres amicales prévues cette semaine :
- Sénégal — Pérou : au Stade de France, Paris.
- Maroc — Équateur : à Madrid, suivi de Maroc — Paraguay à Lens (31 mars).
Le Maroc évolue par ailleurs sous la direction d’un nouvel entraîneur, Mohamed Ouahbi, nommé pour succéder à Walid Regragui.
Le verdict du TAS déterminera non seulement l’attribution officielle du trophée, mais pourrait aussi avoir des conséquences disciplinaires et administratives pour les parties concernées.